La justice américaine a condamné ce jeudi à la prison à vie Fode Sitafa Mara, un citoyen américain et ancien employé de l’ambassade des États-Unis à Ouagadougou, pour des agressions sexuelles répétées sur deux mineures burkinabè, a rapporté le Bureau des affaires publiques du Département d’Etat à la Justice, dans un communiqué publié ce vendredi.
La sentence est tombée ce jeudi 26 février 2026 devant un tribunal fédéral du Maryland. Fode Sitafa Mara, 41 ans, a été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation d’agression sexuelle aggravée sur mineure, de tentative de contrainte et d’incitation, ainsi que de tentative d’entrave à la justice. Il a été condamné à la perpétuité.
Les crimes se sont déroulés entre 2022 et 2023 à Ouagadougou. Selon l’acte d’accusation, Fidé Sitafa Mara profitait de sa position et de sa résidence de fonction — un lieu sous juridiction américaine — pour abuser de deux adolescentes âgées de 13 à 15 ans.
L’enquête a révélé un mode opératoire particulièrement cynique : l’accusé a exploité la situation de précarité extrême des victimes, qui vivaient à proximité de sa résidence sans eau courante. Il aurait notamment utilisé la maladie grave de leur mère pour exiger des rapports sexuels en échange d’une aide financière.
« L’accusé, alors qu’il représentait le gouvernement américain à l’étranger, a agressé sexuellement avec violence deux enfants extrêmement vulnérables », a fustigé A. Tysen Duva, procureur général adjoint au ministère de la Justice.
L’affaire, qui a duré plusieurs années, a mobilisé de nombreuses agences américaines, notamment le Service de sécurité diplomatique (DSS), l’USAID et les enquêtes de sécurité intérieure (HSI). Les autorités burkinabè ont également apporté une « aide précieuse » à l’établissement des faits.
Outre les agressions physiques, Mara a été confondu par des messages à caractère sexuel envoyés via des téléphones qu’il avait fournis aux victimes pour contourner la surveillance de sa propre épouse. Il a également tenté de suborner son personnel de maison pour dissimuler ses activités criminelles.
Pour Kelly O. Hayes, procureur fédéral du district du Maryland, ce verdict envoie un signal fort : « Ceux qui s’en prennent à nos enfants paieront un lourd tribut, peu importe où les crimes sont commis ».
Cette condamnation s’inscrit dans le cadre du projet « Enfance protégée », une initiative du Département de la Justice américain visant à traquer les prédateurs sexuels agissant sous couvert de missions officielles à l’étranger
HO/ac/Sf/APA





