Le ministère du Tourisme, de l’Artisanat et de l’Économie sociale et solidaire a signé mercredi à Rabat un protocole d’accord avec Attijariwafa Bank et Visa pour lancer le programme « Stay Cashless », destiné à accélérer l’adoption des paiements numériques dans le secteur touristique.
L’accord a été paraphé par la ministre Fatim-Zahra Ammor, le PDG du groupe bancaire Mohamed El Kettani et la directrice générale de Visa pour l’Afrique du Nord, le Levant et le Pakistan, Leila Serhan, en présence des représentants de la Confédération nationale du tourisme (CNT).
Le dispositif vise à simplifier les paiements des visiteurs tout au long de leur séjour au Maroc en généralisant des solutions sécurisées et conformes aux standards internationaux. Une convention opérationnelle distincte a été conclue entre la CNT et Attijari Payment afin d’accompagner prioritairement les petites et moyennes entreprises touristiques.
L’offre comprend notamment des commissions internationales réduites, le paiement par lien, le sans-contact sur téléphone mobile et la conversion dynamique des devises.
Selon la ministre, les 138 milliards de dirhams de recettes touristiques attendues en 2025 traduisent l’attractivité croissante de la destination Maroc. Le pays a accueilli près de 20 millions de visiteurs en 2025, dépassant les objectifs initialement fixés pour 2026. Toutefois, l’infrastructure de paiement demeure largement dominée par les espèces.
D’après Bank Al-Maghrib, plus de 60 % des transactions par carte en 2024 correspondaient à des retraits aux distributeurs automatiques. La monnaie fiduciaire en circulation a atteint 444,3 milliards de dirhams, soit environ 26 % du PIB, tandis que le nombre de terminaux de paiement électronique s’établit à 94 387 unités à l’échelle nationale, principalement concentrées à Casablanca, Rabat et Marrakech.
Le programme intervient dans un contexte de réforme du secteur des paiements. Depuis octobre 2024, les commissions d’interchange sont plafonnées à 0,65 %. En mai 2025, le Conseil de la concurrence a mis fin au quasi-monopole du Centre Monétique Interbancaire, ouvrant le marché de l’acquisition à de nouveaux acteurs bancaires et fintech.
Malgré l’existence de 13,8 millions de comptes de portefeuilles mobiles en 2024, leur taux d’utilisation active demeure limité à 28 %, et les paiements mobiles ne représentent que 2 % des transactions non monétaires.
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