Riche de vastes réserves de gaz naturel et confrontée à une demande énergétique en forte croissance, l’Afrique peine pourtant à transformer cet atout en levier de développement. En cause : l’insuffisance des réseaux de transport régionaux, qui limite l’acheminement du gaz vers les marchés intérieurs et extérieurs, selon une nouvelle étude sectorielle.
La capacité de l’Afrique à tirer pleinement profit de ses importantes réserves de gaz naturel est compromise par le manque de réseaux de transport régionaux sur le continent, selon une nouvelle étude sur l’énergie.
Malgré des réserves de gaz non exploitées estimées à plus de 550 billions de pieds cubes et une demande appelée à augmenter de 60 % d’ici à 2050, la majorité des pays africains restent incapables d’acheminer efficacement le gaz depuis les bassins de production vers les centrales électriques, les industries ou les terminaux d’exportation.
L’étude « État de l’énergie en Afrique 2026 », publiée par la Chambre africaine de l’énergie, souligne que le déficit d’infrastructures constitue désormais l’un des principaux freins à la valorisation des ressources gazières du continent, dans un contexte marqué par une concurrence mondiale accrue et une baisse attendue des prix du gaz naturel liquéfié (GNL) d’ici à la fin de la décennie.
Les importantes réserves du bassin de Rovuma, au Mozambique, et du delta du Niger, au Nigéria, illustrent l’ampleur du potentiel africain. Toutefois, en l’absence de gazoducs et de corridors de transport régionaux, une part significative de ces ressources demeure inexploitable.
Ces dernières années, l’Afrique a renforcé sa capacité d’exportation de GNL, avec des pays comme le Nigéria, l’Angola, la Guinée équatoriale et le Cameroun approvisionnant les marchés mondiaux. De nouveaux projets sont également entrés en service au Mozambique et dans le bassin Sénégalo-Mauritanien. Le rapport note cependant que l’industrialisation nationale reste entravée par une connectivité insuffisante, des prix du gaz réglementés et relativement bas, ainsi que par des capacités limitées de traitement.
Le secteur du gaz destiné à la production d’électricité est néanmoins en expansion en Afrique subsaharienne, porté notamment par le Nigéria, le Ghana et le Mozambique, tandis que l’Angola et l’Afrique du Sud élaborent des stratégies industrielles centrées sur le gaz.
NJ Ayuk, président exécutif de la Chambre africaine de l’énergie, estime que les gouvernements africains doivent mieux exploiter les opportunités offertes par le gaz en trouvant un équilibre entre accessibilité énergétique et attractivité pour les investisseurs.
« Les gouvernements doivent concilier l’accessibilité financière et l’accès à l’énergie avec la nécessité de garantir des retours sur investissement suffisants pour soutenir les investissements dans les gazoducs, les installations de traitement et les centrales électriques », a-t-il déclaré lundi.
Selon lui, « avec un juste équilibre entre investissements dans les infrastructures, réformes politiques et partenariats stratégiques, le gaz peut devenir un pilier de la transition énergétique et de l’industrialisation de l’Afrique ».
Il a enfin averti que, faute de capacités de transport transfrontalières et de connexions entre les centres de consommation intérieurs et les terminaux côtiers, les développeurs restent confrontés à des coûts élevés et à un accès limité aux marchés.
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