La justice algérienne a infligé jusqu’à dix ans de prison ferme à l’homme d’affaires Réda Kouninef et à ses coaccusés pour blanchiment d’argent, assortis de lourdes amendes et de confiscations, tandis qu’une autre affaire de corruption concernant Saïda Neghza connaît un nouveau développement.
La cour du pôle pénal économique et financier de Sidi M’hamed a prononcé mardi 6 janvier des condamnations sévères à l’encontre de Réda Kouninef et de ses coaccusés, poursuivis pour blanchiment d’argent et dissimulation de produits criminels. Les peines ont atteint jusqu’à dix ans de prison ferme, assorties de la confiscation de l’ensemble des biens et avoirs saisis, a indiqué la juridiction.
Selon le média arabophone Echourouk Online, la juge de la deuxième section du pôle pénal économique et financier a infligé dix ans de réclusion criminelle ferme et une amende de huit millions de dinars algériens à Réda Kouninef et à son gendre N. M., avec confirmation et maintien du mandat d’arrêt émis à l’encontre de ce dernier. Un autre gendre, N. Abdelaziz, a été condamné à quatre ans de prison ferme et à une amende identique, également assorties de la confiscation des biens saisis.
La cour a en outre ordonné à Réda Kouninef de verser 30 millions de dinars algériens, et à son gendre ainsi qu’à son fils dix millions de dinars chacun, à titre de réparations au profit du Trésor public. Ces décisions interviennent après les réquisitions du ministère public, formulées le 23 décembre, qui avaient demandé les peines maximales, la confiscation de tous les biens saisis et des dommages et intérêts évalués à 500 milliards de centimes.
Parallèlement, une autre affaire de corruption mobilise la justice à Alger. Le Conseil judiciaire d’Alger devait examiner mardi une demande de mise en liberté déposée par Saïda Neghza, détenue depuis près de sept mois à la prison de Koléa, pour des raisons de santé. L’ancienne présidente de la Confédération générale des entreprises algériennes invoque l’article 208 du Code de procédure pénale.
La défense fait valoir une dégradation grave de l’état de santé de Mme Neghza, appuyée par des rapports médicaux faisant état de pathologies nécessitant des soins spécialisés non disponibles en détention.
Pour mémoire, elle avait été condamnée en juillet 2025 à des peines allant jusqu’à quatre ans de prison ferme dans un dossier distinct lié à l’achat de signatures d’élus lors de la présidentielle de 2024, un verdict actuellement en attente d’un pourvoi en cassation.
MK/Sf/APA







