Le président algérien a décidé de surseoir à une modification annoncée de la Constitution, invoquant la nécessité d’approfondir l’examen du dossier, à quelques mois d’échéances électorales sensibles.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a ordonné dimanche le report de la « révision technique » de la Constitution, initialement inscrite à l’ordre du jour du Conseil des ministres qu’il présidait, a rapporté la télévision publique. La décision, présentée comme une mesure de prudence institutionnelle, intervient dans un contexte politique marqué par la préparation des élections locales et législatives prévues en 2026.
Selon la même source, cette révision a été ajournée afin « d’approfondir l’étude » du texte, dans le but affiché de préserver les prérogatives de l’Autorité nationale indépendante des élections. Aucun calendrier alternatif n’a toutefois été avancé, laissant planer une incertitude sur la portée réelle et le timing de cette réforme constitutionnelle pourtant qualifiée de purement technique par les autorités.
Lors de cette même réunion, le Conseil des ministres a en revanche validé le projet de loi relatif aux partis politiques. À cette occasion, le chef de l’État a salué ce texte comme un « nouvel acquis » pour le paysage démocratique algérien, félicitant la classe politique pour son adoption. Cette lecture officielle contraste cependant avec les critiques récurrentes de l’opposition et d’organisations indépendantes, qui dénoncent un cadre juridique perçu comme restrictif et peu propice à un pluralisme effectif.
Le report de la révision constitutionnelle soulève ainsi des interrogations sur les priorités du pouvoir exécutif et sur sa volonté réelle de rouvrir un chantier institutionnel sensible. Derrière l’argument de la sauvegarde des « acquis », la décision est interprétée par plusieurs observateurs comme un signe de prudence politique, voire de frilosité, à l’approche d’échéances électorales où la participation annoncée de partis d’opposition pourrait raviver le débat sur la crédibilité du jeu politique.
Dans ce contexte, l’ajournement d’une réforme pourtant présentée comme limitée et consensuelle illustre les ambiguïtés persistantes de la transition politique en Algérie. Entre annonces de modernisation institutionnelle et reports successifs, le pouvoir continue de privilégier une gestion étroitement contrôlée du calendrier politique, au risque d’alimenter le scepticisme sur la portée réelle des réformes engagées.
MK/AK/Sf/APA





