Le reporter, collaborateur de plusieurs magazines, avait été interpellé après avoir approché un dirigeant du club qu’il couvrait, lequel se trouvait également engagé dans un mouvement politique classé terroriste par les autorités. Les faits qui lui sont reprochés ne relèvent pourtant que de pratiques professionnelles courantes, antérieures à toute décision de catégorisation ou d’interdiction. La première instance avait lourdement sanctionné ce contact, au terme d’un procès marqué par une incompréhension profonde du métier de journaliste.
L’accusation d’« apologie du terrorisme » reposait sur une interprétation extensive et contestée du simple fait de préparer un article sur la Jeunesse Sportive de Kabylie. La peine prononcée avait été jugée inédite pour un dossier sans dimension militante, sans propagande, sans engagement politique : uniquement le travail d’un reporter venu couvrir un club légendaire du football algérien.
Alors que l’Algérie tente de projeter l’image d’un État de droit, cette affaire illustre au contraire une justice perçue comme imprévisible et perméable aux considérations politiques. Les autorités assurent que le journaliste a bénéficié de visites et d’un accès à son dossier, mais l’enjeu dépasse la procédure : il touche à la crédibilité du pays face aux standards internationaux et à sa capacité réelle à garantir un environnement sûr pour le travail de la presse.
Le verdict de Tizi Ouzou dira si l’appel devient un correctif ou s’il confirme une ligne répressive qui isole un peu plus la justice algérienne.
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