Le Conseil de sécurité de l’ONU a reconduit l’autorisation permettant aux forces navales de l’Union européenne d’inspecter les navires au large de la Libye, afin de renforcer l’application de l’embargo sur les armes imposé depuis 2011.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une nouvelle résolution renouvelant, pour une durée supplémentaire, le mandat qui permet aux forces navales européennes de contrôler les embarcations suspectées de violer l’embargo sur les armes en Libye. Cette autorisation, en vigueur depuis 2016, constitue l’un des volets opérationnels du dispositif international chargé d’assurer le respect des mesures restrictives imposées au pays depuis le déclenchement du conflit en 2011.
L’ambassadeur de France auprès de l’ONU, Jérôme Bonnafont, a souligné que cette reconduction traduisait « le soutien constant du Conseil aux efforts de stabilisation de la Libye ». Il a rappelé que l’embargo sur les armes demeurait « indispensable » pour prévenir la résurgence de violences, en particulier dans les zones sensibles autour de Tripoli où des tensions sporadiques persistent entre groupes armés. Tout en saluant l’action menée par l’opération européenne Irini, il a assuré qu’elle continuait d’opérer « de manière professionnelle, impartiale et efficace », en étroite coopération avec les autorités libyennes et les pays de la région.
L’opération Irini, lancée par l’Union européenne en 2020, est devenue l’outil principal de surveillance maritime de l’embargo, succédant aux précédents dispositifs mis en place par Bruxelles. Elle a pour mandat d’inspecter les navires en haute mer lorsqu’il existe des motifs raisonnables de soupçonner un transfert illicite d’armement à destination ou en provenance de la Libye. Les États membres de l’UE mettent à sa disposition des moyens navals, aériens et satellitaires afin de documenter les violations et d’en référer au Comité des sanctions de l’ONU.
La décision du Conseil n’a toutefois pas fait l’unanimité. La Russie et la Chine se sont abstenues, exprimant de fortes réserves quant à l’efficacité réelle de la mission européenne. L’adjointe à l’ambassadeur de Russie, Anna Evstigneeva, a affirmé que le dispositif « reste de facto contrôlé par l’Union européenne » et que « les éloges européens ne correspondent pas à la réalité », soulignant l’absence de diminution notable du trafic d’armes. Moscou estime qu’un mécanisme plus équilibré et moins dépendant des moyens européens permettrait une mise en œuvre plus crédible des sanctions onusiennes.
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