En accueillant la ministre zimbabwéenne de la Défense, Alger tente de consolider une alliance militaire qualifiée de « stratégique », à un moment où l’Algérie comme le Zimbabwe cherchent à renforcer leur marge de manœuvre face aux pressions politiques et économiques internationales.
Le chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), le général d’armée Saïd Chanegriha, a reçu mercredi à Alger la ministre zimbabwéenne de la Défense, Oppah Muchinguri-Kashiri, en visite officielle avec une délégation militaire. Selon un communiqué de l’état-major, la rencontre visait à « renforcer la coopération militaire » entre les deux pays, dans un contexte où Alger comme Harare cherchent à consolider des partenariats face aux critiques internationales sur leur gouvernance et leur situation économique.
Les discussions ont porté sur l’évaluation de la coopération bilatérale et les « défis sécuritaires régionaux », indique la même source. Le général Chanegriha a rappelé que l’Algérie voit le Zimbabwe comme « un partenaire fiable », mettant en avant des « liens historiques » depuis les luttes d’indépendance. Cette rhétorique, régulièrement mobilisée par les deux capitales, contraste avec les difficultés actuelles : pression économique et isolement diplomatique pour l’Algérie, sanctions persistantes et crise financière pour le Zimbabwe.
La visite intervient quelques mois après le déplacement officiel du président zimbabwéen Emmerson Mnangagwa à Alger en juillet dernier, au cours duquel plusieurs accords avaient été annoncés, sans que leur contenu ou leur portée opérationnelle ne soient détaillés. Selon le communiqué algérien, les deux pays souhaitent accélérer les domaines de coopération liés à la formation militaire, à l’industrie de défense et au renseignement. Aucune précision n’a été fournie sur de possibles contrats d’armement, alors que les capacités budgétaires des deux États restent limitées.
À Alger, cette rencontre est présentée comme un geste de continuité dans la diplomatie militaire régionale. Mais elle intervient dans un contexte où l’ANP fait face à des tensions internes et à des critiques récurrentes concernant la transparence de ses partenariats. De son côté, Harare cherche de nouveaux alliés pour diversifier son soutien politique, alors que les difficultés économiques du pays fragilisent son appareil sécuritaire.
La ministre Oppah Muchinguri-Kashiri a salué « l’hospitalité algérienne » et affirmé vouloir porter la coopération militaire à « un niveau d’excellence » attendu par les deux gouvernements. Cette déclaration, conforme au langage protocolaire habituel, n’a toutefois pas été accompagnée d’engagements chiffrés ou d’un calendrier concret.
La rencontre s’est conclue par un échange de présents symboliques, étape traditionnelle de la diplomatie militaire algérienne. Aucun communiqué conjoint n’a été publié, et les deux gouvernements n’ont pas précisé les suites pratiques de cette visite, dans un contexte où Alger comme Harare peinent à transformer leurs annonces en partenariats effectifs.
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