Des centaines de personnes ont manifesté, jeudi à Gabès, en Tunisie, devant un tribunal qui examinait une plainte réclamant l’arrêt des unités polluantes d’un complexe chimique, rendu responsable de dizaines d’intoxications depuis début septembre.
Mounir Adouni, chef du barreau local des avocats de Gabès en Tunisie, à l’origine de la plainte en référé déposée le mois dernier contre l’usine polluante, a indiqué à l’agence AFP avoir « présenté des preuves de ce qui constitue un crime contre la ville ».
Les débats se poursuivront jeudi prochain, selon cet avocat qui ajoute : « Il ne faut pas qu’il y ait d’autres retards car le danger est imminent pour les vies de nos enfants et les hôpitaux ici ne sont pas capables de fournir les traitements adéquats ».
Des vidéos d’élèves pris en charge par des ambulances ou évacués dans les bras de proches après des malaises et suffocations ont poussé à trois reprises jusqu’à des dizaines de milliers de manifestants dans les rues de Gabès en octobre.
Le complexe du Groupe chimique tunisien, inauguré en 1972 en bord de mer, est critiqué depuis des années par les riverains et l’ONG Stop Pollution.
Le groupe étatique, qui fabrique des fertilisants à base de phosphates, rejette ses résidus solides (des phosphogypses contenant des métaux lourds) en pleine mer. La production émet aussi des gaz sulfurés, de l’azote et du fluor, selon un audit réalisé en juillet 2025 pour la Banque africaine de développement, qui a dénoncé des « non conformités majeures » en termes de pollutions de l’air et marine.
Malgré une promesse de fermeture en 2017, les autorités sont en porte-à-faux sur ce dossier car les mines de phosphates – principale richesse naturelle du pays – sont « un pilier fondamental » de l’économie, selon le président Kaïs Saïed.
AK/Sf/APA avec AFP







