Le Maroc accélère la construction d’une souveraineté numérique nationale à travers la mise en place d’un cadre éthique pour les plateformes et l’Intelligence artificielle (IA).
Lors d’une conférence à Marrakech organisée par le Conseil marocain de la concurrence, la ministre déléguée à la Transition numérique et à la Réforme administrative, Amal El Fallah Seghrouchni, a détaillé les efforts du gouvernement pour encadrer la transition numérique du pays selon des principes de responsabilité, d’équité et de sécurité.
S’exprimant devant des responsables institutionnels, des experts internationaux et des représentants d’organisations technologiques, la ministre a insisté sur la nécessité d’« ancrer le développement numérique du Maroc dans une approche éthique et inclusive ». Selon elle, le pays doit tirer parti du potentiel des plateformes numériques tout en maîtrisant leurs risques structurels, notamment en matière de souveraineté technologique et de protection des données.
Le plan gouvernemental repose sur quatre piliers : la consolidation d’une infrastructure numérique robuste, l’instauration d’une gouvernance efficace, la stimulation de l’innovation et l’élargissement de l’accès aux technologies pour l’ensemble des citoyens. Dans ce cadre, le Maroc prépare une loi sur les services numériques et une feuille de route nationale sur l’intelligence artificielle, fondée sur la transparence, la responsabilité algorithmique et la protection de la vie privée.
Les autorités marocaines considèrent également la cybersécurité comme un pilier essentiel de la souveraineté numérique. En 2024, plus de 12,6 millions d’attaques informatiques ont été recensées sur le territoire. Pour y faire face, le gouvernement développe la feuille de route Cloud 2025-2030 et investit dans un méga-centre de données à Dakhla, destiné à renforcer la capacité nationale de stockage et de traitement des données.
Cette stratégie s’inscrit dans une ambition plus large de positionner le Maroc comme un hub africain du numérique souverain, capable de concilier performance économique et éthique technologique. Le pays veut garantir que les innovations numériques deviennent un levier de croissance durable, de confiance citoyenne et d’inclusion sociale.
Le Maroc a multiplié les initiatives dans le domaine du numérique depuis 2023, avec la création de l’Agence du développement digital et le lancement de programmes de transformation des services publics. L’enjeu, selon le gouvernement, est de bâtir un modèle marocain de gouvernance numérique alliant compétitivité, sécurité et souveraineté.
MK/AK/Sf/APA







