Intitulée « The Potential of Decentralized Renewable Energy Systems in Morocco », l’étude estime que le marché national des systèmes énergétiques décentralisés – comprenant les panneaux solaires photovoltaïques sur les toits, le stockage d’énergie et les véhicules électriques – représente une valeur économique de plus de 30 milliards de dollars (environ 286 milliards de dirhams).
Dans son scénario le plus optimiste, le pays pourrait atteindre une capacité installée de 28,58 gigawatts, évitant l’émission de 48 millions de tonnes de CO₂. Même dans un scénario médian, le potentiel reste considérable avec 40,1 TWh de production et 18,6 milliards de dollars d’investissements.
Les auteurs estiment que le potentiel solaire des toitures au Maroc pourrait couvrir une large part des besoins nationaux, en particulier s’il est associé à la montée de la mobilité électrique. Selon les projections de la Stratégie bas-carbone 2050, le pays pourrait compter jusqu’à 2,5 millions de véhicules électriques en 2035.
Grâce aux technologies bidirectionnelles Vehicle-to-Grid (V2G), ces véhicules offriraient une capacité de stockage de 39 420 GWh, soit près de 91 % de la demande totale d’énergie prévue à cette échéance. Les toitures solaires pourraient, selon les scénarios, répondre à 59 à 98 % des besoins de recharge de cette flotte électrique, renforçant ainsi l’autonomie énergétique régionale.
Entre 2011 et 2023, les ménages et entreprises marocains ont déjà investi 3,36 milliards de dirhams (364 millions de dollars) dans la production solaire décentralisée, pour une puissance cumulée de 336 MWc. Cependant, l’absence d’un registre national limite la visibilité de ces initiatives.
L’Imal Initiative plaide pour la mise en œuvre du mandat d’autoproduction prévu par la loi 82-21 d’ici 2026, la création d’un Fonds vert national et l’adoption de normes de construction intégrant les technologies vertes. L’étude recommande également d’investir dans les réseaux intelligents et d’harmoniser la gouvernance énergétique.
MK/te/Sf/APA







