À l’ONU, le Premier ministre malien affirme que « les Forces de Défense et de Sécurité de l’AES travaillent étroitement (…) pour endiguer le fléau du terrorisme » et dénonce le soutien de la « junte » algérienne aux groupes armés, appelant à un multilatéralisme réformé.
Le Premier ministre malien, le général Abdoulaye Maïga a pris la parole à la tribune de la 80ᵉ Assemblée générale des Nations Unies vendredi pour transmettre les messages des Chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES), composée du Mali, du Burkina Faso et du Niger. Il a réaffirmé l’engagement des pays membres à lutter contre le terrorisme et à défendre leur souveraineté.
S’adressant aux délégations, il a déclaré que « les Forces de défense et de sécurité des trois pays de la Confédération AES travaillent étroitement, dans un élan de collaboration et de complémentarité sans précédent, et sont portées par un engagement commun et une mutualisation des efforts, pour endiguer le fléau du terrorisme ».
Abdoulaye Maïga a dénoncé le soutien de certains Etats étrangers aux groupes terroristes -évoquant notamment le régime ukrainien et la France-, qui « relève d’une manœuvre consistant à occuper l’attention de la communauté internationale sur la guerre en Ukraine, tout en sponsorisant les groupes terroristes évoluant au Sahel ».
Sur la question des droits humains, le Premier ministre malien a annoncé que « les Chefs d’Etat de la Confédération AES se sont retirés, avec effet immédiat, du Statut de Rome de la Cour Pénale Internationale », et ont choisi de « privilégier dorénavant des mécanismes endogènes de justice, en adéquation avec leurs valeurs sociétales et dans l’intérêt du peuple de l’AES ». Le général Maïga a dénoncé « le double standard observé par certains acteurs internationaux, dont le curseur se déplace en fonction de leurs intérêts ».
Le Mali a également dénoncé des actions récentes de la « junte » algérienne, soulignant que « l’attaque lâche et perfide ayant visé les Forces armées maliennes à Tinzawatène s’est déroulée à quelques kilomètres de la frontière algérienne » et que « la « junte » algérienne a abattu un drone malien acheté sur fonds propres, au motif fallacieux de la violation de leur espace aérien ». Il a rappelé que le Mali a saisi la Cour Internationale de Justice et a invité Alger à « cesser de soutenir le terrorisme international et à s’impliquer résolument dans la promotion de la paix et de la sécurité, dans un esprit constructif, en respectant la souveraineté des Etats ».
Le Premier ministre malien à insisté sur le développement économique et social de la Confédération AES, évoquant « des politiques d’investissements stratégiques dans différents domaines prioritaires tels que les infrastructures, l’énergie, l’industrialisation et la diversification de l’économie », ainsi que la création « d’une Banque confédérale pour l’investissement et le développement visant à réaliser les projets confédéraux ».
Enfin, il a appelé à un multilatéralisme rénové et respectueux du droit, affirmant que « la Confédération AES reste disposée à jouer sa partition, toute sa partition, dans la quête de réponses collectives, visant à préserver les générations futures du fléau de la guerre, à assurer un développement harmonieux pour tous, et à promouvoir et protéger les droits humains ».
AC/Sf/APA






