A la tribune de l’ONU, Alger se place dans un discours de principe, sans proposer de mécanismes opérationnels pour dépasser l’impasse diplomatique.
L’Algérie a salué lundi à New York la tenue de la Conférence internationale sur la solution à deux États, présentée comme un « consensus authentique » pour un règlement juste et définitif du conflit israélo-palestinien. Mais derrière cette posture affichée, les observateurs soulignent le décalage entre la rhétorique algérienne et son poids réel dans les négociations internationales.
Dans son allocution, le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a martelé que « le consensus international constitue le garant fondamental d’un règlement permanent » et un rempart contre les « illusions expansionnistes d’Israël ». Alger propose une feuille de route en quatre étapes : élargir la reconnaissance internationale de la Palestine, obtenir son admission comme État membre à part entière à l’ONU, mobiliser les leviers diplomatiques et juridiques contre l’annexion, et favoriser l’unité interne palestinienne.
Cette fermeté oratoire s’inscrit dans la tradition de la diplomatie algérienne, qui a toujours affiché son soutien à la cause palestinienne comme pilier de sa politique étrangère. Le président Abdelmadjid Tebboune en a fait un axe constant de ses interventions à l’ONU. Toutefois, le discours résonne davantage comme une posture symbolique qu’une capacité réelle à influer sur le dossier. L’Algérie demeure en retrait des cercles de médiation active, où l’Égypte, le Qatar, la Turquie ou encore la Jordanie occupent des rôles centraux dans les pourparlers entre Palestiniens et Israéliens.
La référence à un « consensus international » contraste aussi avec les divisions persistantes au sein de la communauté internationale sur la reconnaissance d’un État palestinien. Plus de 140 pays l’ont déjà reconnue, mais sans effet concret sur l’adhésion aux Nations Unies, où le veto américain continue de bloquer toute avancée. En insistant sur ce point, Alger se place dans un discours de principe, sans proposer de mécanismes opérationnels pour dépasser l’impasse diplomatique.
Par ailleurs, le rappel des « acquis de l’ONU en 80 ans » lors de la session plénière à laquelle a pris part Ahmed Attaf met en lumière une contradiction : l’Algérie dénonce régulièrement le déséquilibre du système multilatéral tout en s’y appuyant pour valoriser sa propre diplomatie. Cette ambiguïté contribue à affaiblir la portée de son message, perçu davantage comme un exercice de communication politique que comme une contribution concrète à la résolution du conflit.
MK/Sf/APA







