Washington, pour sa part, voit dans son rapprochement avec Tripoli une manière de renforcer son influence économique et stratégique en Méditerranée et en Afrique du Nord, tout en soutenant la relance de la Libye.
Les États-Unis et la Libye ont organisé cette semaine un forum commercial à Washington, sous l’égide de l’American Chamber of Commerce in Libya (AmCham Libya), afin de dynamiser les relations économiques bilatérales. L’événement a réuni des représentants d’entreprises américaines, des responsables libyens et des décideurs politiques, traduisant la volonté commune d’explorer de nouvelles opportunités d’investissement et de partenariat.
Parmi les participants figurait Massad Boulos, conseiller principal du président américain pour l’Afrique ainsi que pour les affaires arabes et moyen-orientales.
« J’ai réaffirmé que des liens commerciaux solides constituent la clé de la relation États-Unis–Libye. La Libye a l’opportunité d’attirer des entreprises américaines de premier plan en renforçant la stabilité et la transparence, afin de générer une prospérité partagée », a-t-il déclaré sur X, soulignant le rôle du secteur privé comme moteur de rapprochement.
Les discussions se sont articulées autour de tables rondes sectorielles couvrant des domaines stratégiques : pétrole et gaz, mines, santé, énergies renouvelables, électricité, technologies de l’information et infrastructures. Des rencontres bilatérales ont été organisées en marge des sessions pour permettre des échanges directs entre acteurs économiques libyens et entreprises américaines, avec pour objectif de favoriser des projets concrets.
Ce forum intervient alors que la Libye, encore marquée par une instabilité politique persistante, cherche à diversifier son économie. Le pays reste largement dépendant de ses hydrocarbures, qui représentent plus de 90 % de ses recettes d’exportation. Toutefois, les autorités libyennes affichent leur ambition de moderniser leurs infrastructures, d’investir dans la transition énergétique et d’améliorer les services publics, autant de domaines où les entreprises américaines possèdent une expertise reconnue.
Selon le Département du commerce américain, les échanges commerciaux entre les deux pays s’élevaient à environ 750 millions d’euros en 2023, loin des niveaux enregistrés avant 2011, où ils dépassaient 2,5 milliards. La chute des flux s’explique par l’instabilité sécuritaire et les restrictions financières internationales qui ont limité les investissements étrangers.
En organisant ce forum, AmCham Libya espère créer un cadre propice pour le retour des investisseurs américains, alors que la compétition s’intensifie avec d’autres puissances économiques présentes dans le pays, notamment la Chine, la Turquie et la Russie.
MK/Sf/APA






