Minée par une dette publique croissante, une inflation persistante et un déficit commercial structurel, la Tunisie se trouve dans une zone de fortes vulnérabilités financières, alerte Deloitte dans son rapport de septembre 2025.
L’édition de septembre 2025 du rapport mondial de Deloitte consacre un volet à la Tunisie, pointant une situation macro-financière préoccupante malgré les efforts d’assainissement budgétaire. L’institution souligne que l’économie tunisienne demeure fragilisée par la combinaison d’un endettement élevé, d’une inflation persistante et de difficultés structurelles dans le commerce extérieur.
Les tensions sur les finances publiques se traduisent par un recours accru aux financements extérieurs, alors même que les négociations avec le Fonds monétaire international restent incertaines. Les déficits budgétaires chroniques, associés à une dette publique proche de 80 % du PIB, pèsent sur la crédibilité financière du pays et limitent sa marge de manœuvre pour soutenir la croissance.
L’inflation continue d’éroder le pouvoir d’achat des ménages, alimentée par la hausse des prix alimentaires et énergétiques. Deloitte rappelle que cette pression renforce les déséquilibres sociaux, accentués par un chômage structurellement élevé, notamment chez les jeunes diplômés.
Sur le plan commercial, le déficit de la balance courante demeure un facteur de vulnérabilité. La Tunisie peine à diversifier ses exportations et reste dépendante de ses principaux partenaires européens, tandis que la faiblesse des recettes touristiques limite la capacité du pays à générer des devises.
Selon Deloitte, la Tunisie doit impérativement rétablir la confiance des investisseurs et mettre en œuvre des réformes profondes pour stabiliser ses fondamentaux macroéconomiques. Faute de quoi, le risque d’une crise de liquidité et de nouvelles tensions sociales restera élevé au cours des prochains mois.
MK/Sf/APA







