L’Afrique se structure et durcit sa position avant les négociations climatiques de Belém au Brésil, rejetant catégoriquement toute forme de financement vert sous forme de prêts et réclamant des réparations basées sur l’Accord de Paris.
Interrogé par APA en marge du 2e Sommet africain sur le climat qui se tient à Addis-Abeba, le Dr Durand Oboué, Coordonnateur national de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique (PACJA-Côte d’Ivoire), a précisé que cette rencontre vise à « déterminer la position de l’Afrique concernant les négociations qui se tiendront à Belém au Brésil. »
« L’Afrique rejette toutes les formes de financement verts sous forme de prêt », a martelé le Dr Oboué, dénonçant les « obligations vertes » comme « des formes d’endettement pour l’Afrique. » Cette position tranchée s’appuie sur la situation d’endettement déjà critique du continent.
Le coordonnateur de PACJA-Côte d’Ivoire a rappelé que le continent se fonde sur « l’article 9 de l’accord de Paris sur le climat pour exiger la réparation en termes de financement pour accompagner les pays africains à mieux faire face à cette crise du climat. »
Des 100 milliards aux 300 milliards : méfiance africaine
Concernant les engagements financiers internationaux, le Dr Oboué a souligné que « la question avec les 100 milliards de dollars est désormais dépassée depuis la COP29 », remplacée par le Nouvel objectif collectif quantifié (NCQG) de « 300 milliards de dollars par an d’ici 2035. »
Toutefois, la méfiance africaine reste palpable. « Le doute demeure suite à l’expérience des 100 milliards de dollars », a-t-il expliqué, pointant l’écart entre la perception africaine (30 % reçus) et les données de l’OCDE (plus de 90% mobilisés). « Désormais, l’Afrique reste vigilante », affirme-t-il.
Face à cette nouvelle donne, le continent africain « continue de se structurer par la création de plusieurs réseaux et plateformes », a détaillé l’expert, citant notamment le Groupe africain des négociateurs (AGN), la Conférence des ministres africains sur le climat (AMCEN, sigle anglais), et le Réseau africain des autorités désignées au niveau national sur la finance climatique.
Trois dossiers sous tension
Selon le Dr Oboué, les négociations se cristallisent autour de trois enjeux majeurs : la mobilisation de plus de financement pour l’adaptation, l’opérationnalisation effective des financements pertes et préjudices avec un accès facilité, et une transition juste au profit de l’Afrique.
Ce sommet d’Addis-Abeba confirme ainsi la volonté africaine de peser davantage dans les négociations climatiques internationales, avec une approche désormais plus coordonnée et plus exigeante face aux promesses des pays développés.
ARD/ac/Sf/APA







