L’enlèvement de six routiers sénégalais au Mali met en lumière la vulnérabilité d’un corridor vital pour le commerce transfrontalier entre Dakar et Bamako, dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes. Ni Dakar ni Bamako n’ont encore réagi, et aucun groupe n’a revendiqué le rapt.
L’Union des routiers du Sénégal (URS) a annoncé, vendredi, l’enlèvement de six de ses compatriotes au Mali par des groupes djihadistes. Les victimes – deux chauffeurs et quatre apprentis – sont engagées dans le transport transfrontalier et contribuent quotidiennement aux échanges entre le Sénégal et le Mali.
Dans son communiqué, confirmé par le service de communication de l’URS, l’organisation souligne que cet enlèvement constitue « une atteinte grave » à la sécurité des travailleurs et de leurs familles, mais représente également une menace pour la libre circulation et le commerce régional.
À ce jour, ni Dakar ni Bamako n’ont réagi officiellement à cette annonce, et aucun groupe n’a revendiqué ce rapt.
Cette attaque survient alors que le Mali reste le premier partenaire africain du Sénégal, ayant absorbé en 2024 plus de 802 milliards FCFA d’exportations sénégalaises, soit plus de la moitié des ventes vers le continent et environ 21 % des exportations totales du Sénégal.
Le corridor Bamako–Kayes, où l’enlèvement a eu lieu, selon l’URS, transporte quotidiennement une part significative de ces flux commerciaux, notamment les produits pétroliers, le ciment, les denrées alimentaires et d’autres biens manufacturés.
L’incident s’inscrit dans un contexte de tensions sécuritaires croissantes : le 4 septembre, le groupe djihadiste JNIM a proclamé un blocus sur Kayes et Nioro du Sahel, fermant plusieurs axes majeurs et ciblant explicitement les sociétés de transport opérant dans la région. Début juillet, l’URS avait déjà appelé ses membres à suspendre temporairement leurs trajets vers le Mali face à l’intensification des attaques dans l’Ouest malien.
L’URS exprime toute sa solidarité envers les familles des victimes et appelle les autorités sénégalaises, maliennes ainsi que les organisations régionales et internationales à tout mettre en œuvre pour obtenir leur libération rapide. L’organisation rappelle que « les acteurs routiers sont en première ligne de l’intégration africaine et ne doivent en aucun cas être pris pour cibles dans ces conflits » et affirme suivre de près l’évolution de la situation.
MD/ac/Sf/APA







