A deux mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025, le Japon renforce les capacités des autorités préfectorales ivoiriennes pour une gouvernance démocratique apaisée.
Ils étaient 171, préfets de région, préfets de département, sous-préfets et secrétaires généraux de préfecture, réunis en août dernier à Yamoussoukro pour la première édition de l’Université d’été de l’administration territoriale.
Pendant plusieurs jours, ces représentants de l’État ont suivi une formation intensive sur la gestion démocratique des rassemblements publics et des foules, un sujet sensible à l’approche de l’élection présidentielle du 25 octobre 2025.
Organisée par le ministère ivoirien de l’Intérieur et de la sécurité, avec l’appui technique du PNUD et le soutien financier du Japon, cette session a placé les autorités préfectorales au cœur d’un processus décisif : concilier maintien de l’ordre et respect des libertés publiques.

Pour Gaël Ollivier, représentant résident adjoint du PNUD, ce soutien du Japon ne se limite pas à un appui financier. Il a relevé que « l’investissement japonais dans le projet Univoire pour la prévention des conflits représente avant tout un pari sur l’avenir démocratique de la Côte d’Ivoire ».
« Le Japon croit à la force des institutions locales et à leur rôle essentiel dans la prévention des crises et la consolidation de la paix », a ajouté M. Gaël Ollivier, représentant résident adjoint du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).
Le royaume du soleil levant a choisi de placer son aide là où se joue l’équilibre démocratique, notamment auprès des autorités administratives, souvent en première ligne face aux mobilisations citoyennes et aux tensions locales.
Durant ces sessions, les participants ont été formés à la déontologie républicaine, à la posture impartiale, aux mécanismes de prévention des conflits et aux stratégies de dialogue citoyen. Les échanges ont alterné entre cours magistraux, études de cas pratiques et simulations de gestion de foule.
« La gestion démocratique des rassemblements n’est pas qu’une question technique, c’est un acte de gouvernance moderne. Elle suppose de garantir la sécurité sans étouffer la voix des citoyens », a rappelé un expert intervenant.

A travers ce programme, le Japon entend renforcer un maillon essentiel de l’État ivoirien, les préfets, qui incarnent la présence quotidienne de l’État dans les territoires. Leurs décisions, souvent prises dans des contextes sensibles, influencent directement la confiance des populations dans les institutions.
Au-delà des échéances électorales, cette initiative ouvre la voie à un cycle annuel de formation continue des autorités préfectorales, afin de construire une administration territoriale moderne, proche des citoyens et respectueuse des principes démocratiques.
À quelques mois d’un scrutin présidentiel, l’appui du Japon apparaît comme un signal de confiance et de responsabilité partagée. Il démontre une diplomatie pragmatique, tournée vers la prévention des conflits et la stabilité durable.
En renforçant les capacités des préfets et sous-préfets, le Japon contribue à préparer une Côte d’Ivoire où chaque rassemblement citoyen puisse être une occasion de dialoguer, et non une source de division.
AP/Sf/APA





