Un projet de formation « Jeunes bénévoles pour la paix », lancé en prélude à l’élection présidentielle ivoirienne du 25 octobre 2025, vient d’être initié dans la dynamique de promotion de la culture de la paix en Côte d’Ivoire.
Ce projet, lancé le 21 juillet 2025, est actuellement en phase pilote. Il couvre 16 régions du pays, ainsi que les deux Districts autonomes de la Côte d’Ivoire, notamment le District autonome d’Abidjan et le District autonome de Yamoussoukro.
Il est mis en œuvre par le ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, en collaboration avec le ministère chargé de la Promotion de la jeunesse, de l’insertion professionnelle et du Service civique.
Il permettra à 6 621 jeunes volontaires de bénéficier de sessions de formation dans plusieurs localités de la Côte d’Ivoire. L’objectif étant de les outiller afin de sillonner les différentes régions pour mener des campagnes de sensibilisation en faveur de la consolidation de la paix entre les communautés, avant, pendant et après le processus électoral.
Pour s’assurer de l’effectivité des formations qui ont débuté le 19 août 2025 et qui devraient s’achever ce 27 août 2025, une délégation du ministère de la Cohésion sociale, conduite par Mme Soro Mangoua Laurette, directrice générale du Programme national de cohésion sociale (PNCS) et membre du Comité de coordination dudit projet, s’est rendue le 22 août 2025 à Jacqueville (Sud), à Songon et à Abobo (District d’Abidjan).
À cette occasion, elle a rappelé que ce projet vise à « impliquer les jeunes dans le renforcement de la cohésion sociale et de la paix avant, pendant et après les élections, mais aussi à les responsabiliser à un certain niveau, leur permettant de relayer ces formations (sur le civisme, l’éthique et la morale) à leur entourage, de sorte à participer au développement de la paix sur le plan national. »
Au terme de cette formation, elle a fait savoir que ces jeunes seront des relais sur le terrain dans toutes les localités concernées par le projet, avant de préciser que chacun des bénévoles, en formation, devra sensibiliser dix personnes par semaine dans son environnement immédiat sur les mêmes thématiques.
Le formateur Idrissa Coulibaly, directeur départemental (Abidjan 2/Yopougon et Songon) de la Promotion de la jeunesse, de l’insertion professionnelle et du service civique, a soutenu qu’il est important pour ces jeunes de se former avant d’aller auprès des communautés pour « délivrer des messages justes qui vont conforter la cohésion et la solidarité qui se vivent déjà en Côte d’Ivoire. »
M. Edgard M’Bé, directeur régional (Grands-ponts) de la Cohésion nationale, de la solidarité et de la lutte contre la pauvreté, formateur, a relevé qu’à la suite de ces formations, ils ont vu des « jeunes très motivés et prêts à aller sur le terrain pour faire en sorte que les habitants des Grands-ponts vivent dans un climat apaisé avant, pendant et après les élections. »
Pour Mme Coulibaly Yéli Maïmouna, une jeune bénévole pour la paix dans la commune d’Abobo, dans le nord d’Abidjan, a dit avoir désormais les « moyens nécessaires » avec cette formation pour convaincre sa communauté que l’élection présidentielle n’est qu’un jeu et non la guerre.
« Au sortir d’ici, je deviens immédiatement un ambassadeur de paix, car il est de mon devoir de transmettre ce que j’ai appris à mon entourage. J’irai faire comprendre à mes jeunes frères que nous sommes l’avenir de notre pays, mais aussi les convaincre à ne pas s’engager dans toutes les actions visant à troubler la paix et la cohésion sociale », a confié M. Jean-David Ebébé Shammah, bénévole pour la paix et leader de jeunesse à Jacqueville.
Depuis l’ouverture des sessions de formation, les jeunes issus des régions du Gôh, du Cavally, du Guémon, du Lôh-Djiboua, du Tonkpi, du Haut-Sassandra, du Sud-Comoé, du Moronou, de l’Iffou et de certaines communes du District autonome d’Abidjan ont déjà reçu des modules en vue renforcer leurs capacités dans les actions de promotion de la paix.
Elles s’articulent autour de l’éducation à la citoyenneté et au civisme, ainsi que les mécanismes d’insertion professionnelle, les notions de base sur la cohésion sociale, la lutte contre les rumeurs et la désinformation.
Les formations dispensées portent également sur la prévention et la gestion pacifique des conflits, les techniques de causeries éducatives, le mécanisme d’alerte précoce de l’Observatoire de la solidarité et de la cohésion sociale, ainsi que sur la lutte contre les discours de haine. Ces sessions ont été sanctionnées par des remises d’attestations de fin de formation.
AP/APA






