Un atelier s’est tenu au Sénégal autour de l’outil diagnostique élaboré selon la méthodologie FAO/OMS, le profil pays qui constitue le socle de référence pour évaluer les forces et faiblesses du système national de contrôle des aliments et orienter les stratégies d’amélioration.
Dakar a abrité ce lundi l’atelier national de validation du profil pays du système de contrôle des aliments au Sénégal, une étape cruciale dans le renforcement du dispositif national de sécurité sanitaire des aliments.
Organisé dans le cadre du projet « Renforcer les normes de sécurité sanitaire des aliments pour améliorer la compétitivité des PME du Sahel (SF4S) », cette activité a réuni l’ensemble des parties prenantes du système de contrôle des aliments : autorités compétentes, société civile, secteur privé et partenaires techniques et financiers.
Le profil pays constitue un outil méthodologique fondamental. Selon Dr Amadou Bassirou Fall, membre du Secrétariat permanent du Haut Conseil national de sécurité sanitaire One Health, représentant la Coordinatrice du Programme national de sécurité sanitaire, « la validation du profil pays […] vise à établir un socle consensuel pour conduire, de manière structurée et participative, l’évaluation complète du système national de contrôle des aliments .»
Ce profil pays, élaboré selon l’outil d’évaluation FAO/OMS, « dresse un état des lieux précis de notre système national de contrôle des aliments, identifie les points forts et les défis à relever, et servira de base à une évaluation complète à venir », a indiqué Pr Amadou Diop, président du Comité national du Codex Alimentarius.
Le profil pays décrit la situation d’un pays en préparation à l’évaluation globale du système, en établissant le contexte dans lequel celle-ci va se dérouler, en facilitant l’interprétation des données collectées pour analyser stratégiquement les informations issues de l’évaluation et formuler des conclusions et recommandations pertinentes.
Prononçant le discours de la Coordonnatrice sous-régionale par intérim de la FAO pour l’Afrique de l’Ouest, Mme Bintia Stéphane-Tchicaya, Patrick Bahal’okwibale, fonctionnaire chargé de la gestion de l’eau et des terres au bureau sous-régional, a souligné que « l’élaboration du profil pays est prioritaire pour mener une évaluation complète du système national de contrôle des aliments en utilisant l’outil d’évaluation FAO/OMS. »
Poursuivant, il a indiqué que ce document « est le résultat d’une démarche holistique et de multiples échanges avec les autorités compétentes et l’ensemble des parties prenantes du système national de sécurité sanitaire des aliments du Sénégal. »
Des enjeux de santé publique majeurs
Les statistiques présentées lors de l’atelier révèlent l’ampleur du défi. Selon le représentant du ministère de la Santé et de l’Action sociale, Dr Habib Ndiaye, une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) de 2015 a révélé que les maladies d’origine alimentaire causent près de 420 000 décès par an dans le monde, dont un tiers concerne des enfants de moins de 5 ans, principalement en Afrique et en Asie du Sud-est.
Sur le plan économique, les aliments insalubres génèrent une perte de productivité d’environ 95 milliards de dollars par an dans les pays à revenus faible et intermédiaire, dont 15 milliards de dollars de dépenses médicales.
A en croire la FAO, en Afrique spécifiquement, chaque année, plus de 91 millions de personnes tombent malades et 137 000 en meurent à cause d’aliments contaminés, ces maladies affectant principalement les populations les plus vulnérables.
Un dispositif existant à renforcer
Le Sénégal dispose déjà d’un cadre institutionnel et réglementaire pour la sécurité sanitaire des aliments. Le Comité national du Codex a notamment initié plusieurs actions : élaboration d’une stratégie nationale, mise en place d’un plan de réponse aux urgences, création d’une plateforme électronique « e-SSA » pour la collecte et l’analyse de données, et mise en œuvre de plans de surveillance.
Cependant, « en dépit de ces nombreuses initiatives, il convient de relever un certain nombre d’insuffisances qui sont de nature à compromettre la qualité des aliments mis sur le marché », a fait remarquer Dr Habib Ndiaye.
D’où la pertinence d’une telle initiative.
Le projet SF4S, financé par la Banque africaine de développement avec l’appui technique de la FAO, vise à renforcer les systèmes de contrôle des aliments au Burkina Faso, au Niger et au Sénégal. Il s’inscrit dans la perspective de mise en œuvre de l’Accord portant création de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).
Le développement du profil pays vient à la suite de plusieurs autres activités, notamment l’identification d’une trentaine de petites et moyennes entreprises, ainsi que leur formation sur les bonnes pratiques d’hygiène et de fabrication des aliments.
ARD/te/Sf/APA







