Face à l’ampleur de la crise humanitaire au Soudan, les autorités égyptiennes facilitent le retour volontaire de milliers de réfugiés en affrétant des trains jusqu’à Assouan, point de transit vers leur pays d’origine.
En réponse à la détérioration prolongée de la situation au Soudan, le gouvernement égyptien an mis en place un dispositif inédit de soutien au retour volontaire des réfugiés soudanais présents sur son territoire. Depuis la gare centrale du Caire, plusieurs centaines de personnes déplacées par la guerre civile ont embarqué ce 21 juillet 2025 à bord de trains gratuits à destination du sud du pays, dans l’espoir de retrouver Khartoum, leur ville d’origine partiellement reprise par l’armée régulière.
Cette opération s’inscrit dans un contexte de retour progressif des habitants vers la capitale soudanaise, gravement endommagée par plus de deux ans de conflit opposant les Forces armées soudanaises (SAF), dirigées par le général Abdel Fattah al-Bourhane, aux Forces de soutien rapide (RSF) de Mohammed Hamdan Daglo, dit « Hemetti ». La guerre, déclenchée en avril 2023, a causé plus de 40 000 morts et déplacé près de 7 millions de personnes à l’intérieur du pays, selon les estimations les plus prudentes. D’autres sources évoquent un bilan humain pouvant s’élever à 150 000 victimes.
L’Égypte, qui héberge plus de 1,5 million de réfugiés soudanais, s’impose comme la principale terre d’accueil depuis le début du conflit. La nouvelle initiative de transport gratuit, intégralement financée par le gouvernement, prévoit un premier trajet ferroviaire d’environ 12 heures vers Assouan, d’où les passagers emprunteront ensuite des ferries et autocars pour franchir la frontière sud et atteindre Khartoum, distante de quelque 2 080 kilomètres du Caire.
Sur le terrain, la capitale soudanaise affiche encore les stigmates de la guerre. Khartoum, en grande partie détruite – y compris le palais présidentiel et l’aéroport international – entame difficilement sa reconstruction. Si certains marchés ont rouvert et que des habitants commencent à réinvestir les quartiers libérés, les services essentiels, comme l’électricité ou la distribution d’eau, restent défaillants.
La directrice générale de l’UNICEF a récemment qualifié le conflit soudanais de « plus grande crise humanitaire au monde », mettant en garde contre l’aggravation des pénuries alimentaires dans plusieurs régions. Depuis la chute d’Omar el-Béchir en 2019, le pays n’a connu qu’instabilité, coups d’État et guerres intestines, compromettant toute perspective de transition démocratique durable.
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