Les nouvelles mesures tarifaires décidées par l’administration Trump menacent l’huile d’olive, un pilier des exportations agricoles tunisiennes vers les États-Unis.
L’annonce récente par l’administration Trump d’un relèvement à 25 % des droits de douane sur plusieurs produits tunisiens jette une ombre sur l’un des fleurons de l’agroexport tunisien : l’huile d’olive. En 2023, ce secteur a généré 223 millions de dollars (environ 205 millions d’euros) de recettes à l’export vers les États-Unis, représentant la première source d’exportation tunisienne vers ce marché, selon les données de Trading Economics relayées par Arabian Gulf Business Insight (AGBI).
Pour Sahar Mechmech, analyste à l’Institut Tahrir pour la politique au Moyen-Orient, la mesure pourrait sérieusement entamer la compétitivité des exportateurs. « Les marges sont déjà faibles. Ils devront probablement répercuter le coût sur les consommateurs, ce qui affectera leurs ventes », prévient-elle dans une déclaration à AGBI.
Même si le marché américain ne représente encore qu’environ 3 % des exportations tunisiennes, il constitue une voie de diversification précieuse, à l’heure où l’Union européenne limite fortement ses importations hors quotas pour protéger ses producteurs.
Selon Zaid Alshaalan, économiste au sein du think tank IACE, plusieurs entreprises chercheront sans doute à absorber le surcoût ou à réorienter leur production, mais beaucoup verront leurs débouchés américains rétrécir. L’absence d’un accord de libre-échange entre Tunis et Washington accroît cette vulnérabilité.
Au-delà de l’huile d’olive, d’autres filières stratégiques sont concernées : textile, dattes, machines. Ce durcissement tarifaire s’inscrit dans une tendance protectionniste plus large de l’administration Trump, qui pourrait entraver les perspectives commerciales tunisiennes, déjà mises à mal par un accès restreint aux marchés européens et la volatilité des prix agricoles mondiaux.
MK/ac/Sf/APA






