La requête de Prétoria, pour une prolongation du délai de suspension des droits de douane à 90 jours, intervient dans un contexte de tensions commerciales et d’incertitudes autour de l’avenir de l’AGOA.
L’Afrique du Sud a officiellement réitéré sa demande auprès des États-Unis pour prolonger de 90 jours la suspension des droits de douane réciproques, afin de poursuivre les négociations en vue d’un accord commercial bilatéral, rapportent Reuters et Engineering News.
Cette requête a été formulée lors d’une réunion tenue le 24 juin à Luanda (Angola) entre le vice-ministre sud-africain du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence, Zuko Godlimpi, et Connie Hamilton, assistante représentante américaine au Commerce chargée de l’Afrique, à l’occasion du 17e Sommet États-Unis-Afrique.
La suspension des tarifs, en vigueur depuis le 9 avril 2025, devait initialement expirer le 9 juillet. Le gouvernement sud-africain, basé à Prétoria, estime qu’un délai supplémentaire est nécessaire pour aligner son projet d’accord avec un nouveau cadre de négociation que Washington élabore pour plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, précise Engineering News.
Les exportations sud-africaines vers les États-Unis ont atteint environ 14,9 milliards de dollars en 2024, avec des secteurs clés tels que l’automobile, l’acier et l’aluminium exposés à des droits de douane pouvant atteindre 31 %, souligne Reuters.
En contrepartie, Prétoria propose d’augmenter ses importations de gaz naturel liquéfié (GNL) américain, un secteur en plein essor dans le pays, et de solliciter des exemptions tarifaires pour certains produits industriels.
Ces discussions interviennent dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre les deux pays. Les autorités sud-africaines cherchent néanmoins à éviter un choc tarifaire majeur qui pourrait affecter leurs industries exportatrices, ajoute Engineering News.
Ce dossier s’inscrit également dans le cadre plus large des réflexions en cours autour de l’avenir de l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), principal instrument encadrant les relations commerciales entre les États-Unis et l’Afrique subsaharienne, dont la reconduction est attendue d’ici fin 2025, selon le Bureau du Représentant américain au Commerce (USTR).
Les semaines à venir seront décisives, alors que plusieurs pays africains attendent la mise en place d’un cadre commercial régional susceptible de redéfinir leurs relations économiques avec les États-Unis.
MB/ac/Sf/APA






