À la veille de l’ouverture de la 4e Conférence internationale sur le financement du développement (FfD4), la société civile africaine s’est mobilisée dans les rues de Séville (Espagne) pour réclamer une justice économique mondiale et des réformes fiscales urgentes.
Aux côtés d’activistes de Greenpeace, les organisations de la société civile africaine ont organisé une manifestation spectaculaire, marquée par la présence d’un gigantesque bébé brandissant une tronçonneuse menaçant la planète Terre, symbolisant la destruction environnementale causée par les grandes entreprises polluantes.
« Séville représente une occasion unique de faire progresser la justice économique mondiale. Il est temps que les milliardaires et les entreprises polluantes paient leur juste part pour financer l’action climatique, la protection de la nature et des services sociaux », a déclaré Fred Njehu, responsable politique mondial de la campagne Fair Share chez Greenpeace Afrique.
La mobilisation intervient alors que de nombreux pays africains peinent à faire face aux crises climatiques en raison du poids de leur dette extérieure.
« Le poids de la dette empêche les pays les plus vulnérables de répondre efficacement aux crises climatiques, environnementales et sociales », souligne Hanen Keskes, responsable des campagnes pour Greenpeace Moyen-Orient et Afrique du Nord.
La société civile africaine réclame notamment un allègement urgent de la dette des pays les plus vulnérables, l’adoption de la Convention fiscale de l’ONU pour des règles fiscales mondiales équitables, la suppression des subventions aux énergies fossiles et l’instauration de taxes sur les grands pollueurs pour financer les pertes et dommages climatiques.
Un « Compromiso de Sevilla » jugé insuffisant
Le document final de la conférence, publié en amont sous le nom de « Compromiso de Sevilla », est critiqué par les organisations africaines qui le jugent « pas à la hauteur de l’urgence actuelle. »
Bien qu’il contienne quelques avancées sur la coopération fiscale internationale, les ambitions en matière de réforme de l’architecture de la dette ont été « sérieusement édulcorées sous la pression des pays du Nord. »
La conférence, qui se déroule du 30 juin au 3 juillet au centre des congrès FIBES de Séville, constitue une opportunité historique qui n’a lieu que tous les dix ans pour réformer l’architecture financière mondiale.
Face aux « inondations, incendies, sécheresses et tempêtes » qui frappent particulièrement le continent africain, la société civile appelle les gouvernements à « démontrer leur ferme volonté de bâtir un avenir plus juste et durable, fondé sur la solidarité, non sur l’exploitation. »
ARD/Sf/ac/APA







