Le Groupe de la Banque mondiale a classé l’Éthiopie parmi les 39 pays où la pauvreté extrême s’aggrave, selon une étude rendue publique ce week-end.
Le rapport attribue la détérioration de la situation, marquée notamment par une faim extrême croissante, à des conflits persistants et à l’instabilité politique.
L’étude révèle qu’actuellement, 421 millions de personnes dans ces pays vivent avec moins de 3 dollars par jour, un chiffre qui pourrait atteindre 435 millions d’ici cinq ans. Le taux de pauvreté extrême y est estimé à 40 %.
Interrogé dans le cadre du rapport, Intermit Gill, l’un des principaux économistes de la Banque mondiale, a déclaré : « Depuis trois ans, l’attention du monde est centrée sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, et cet intérêt s’est encore intensifié. »
Le rapport se concentre sur les années suivant 2020.
Depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement actuel en 2018, l’Éthiopie est plongée dans une série de conflits dévastateurs, notamment dans les principales régions que sont le Tigré et l’Amhara.
Le conflit ayant éclaté en novembre 2020 entre le gouvernement fédéral et le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), et qui a duré deux ans, aurait causé jusqu’à un million de morts, principalement dans les régions de l’Afar, de l’Amhara et du Tigré.
Sur le plan économique, les conséquences sont tout aussi désastreuses. Des millions de personnes ont été déplacées, nombre d’entre elles vivant encore dans des camps de déplacés internes, et ont sombré dans une pauvreté absolue. Les dommages économiques subis par le pays sont estimés à près de 1 000 milliards de birrs.
Par ailleurs, la région de l’Amhara est toujours le théâtre d’un conflit armé opposant les forces gouvernementales à des groupes rebelles, notamment les milices Fano, qui affirment lutter contre une menace existentielle pesant sur le peuple amhara.
MG/abj/lb/ac/APA







