La baisse d’environ 26 % du cheptel bovin tunisien en 2025 fragilise une filière produisant plus de 1,4 milliard de litres de lait par an et employant près de 100 000 éleveurs.
Le nombre de vaches laitières serait passé de 458 000 en 2013 à environ 339 000 en 2025. La sécheresse, le coût de l’alimentation animale, les difficultés d’accès au crédit et la faiblesse de la rentabilité ont favorisé la vente précoce ou l’abattage d’une partie du troupeau.
Les représentants professionnels estiment que le prix payé aux producteurs reste inférieur aux coûts supportés. Cette appréciation doit être rapprochée de données vérifiables sur les aliments, l’énergie, la productivité et les aides avant de déterminer précisément l’écart de rentabilité.
La réserve de lait UHT avait été fixée à 19,7 millions de litres en 2025. Un stock de sécurité peut atténuer une pénurie ponctuelle, mais ne remplace pas la reconstitution du cheptel ni l’amélioration durable des rendements.
Parmi les propositions figure la création d’un indicateur hebdomadaire regroupant les volumes de lait cru, la taille du cheptel, les stocks industriels et les conditions climatiques. Des exploitations économes en eau, des fourrages résistant à la sécheresse et la réutilisation de certaines eaux sont également recommandés.
Des objectifs prospectifs pour 2030 évoquent un taux de collecte de 86 %, une transformation industrielle de 97 % et une hausse de 14 % des exportations. Ces chiffres restent des ambitions : leur réalisation dépendra du rétablissement de la rentabilité des élevages et de ressources hydriques suffisantes.
MK/Sf/APA





