Le ministère sénégalais de la Justice a officiellement lancé, ce jeudi 10 septembre à Dakar, E-Justice et Jokko ak Yoon. Deux plateformes numériques qui ambitionnent de moderniser le fonctionnement de la justice et de rapprocher davantage l’institution des citoyens.
Le Palais de Justice de Dakar a abrité la cérémonie de lancement officiel de E-Justice et Jokko ak Yoon, deux outils présentés comme une nouvelle étape dans la transformation du service public de la justice. Pour le président de la Cour d’appel de Dakar, Abdoulaye Ba, cette initiative doit permettre d’adapter la justice aux évolutions de la société tout en renforçant son efficacité.
E-Justice : plus de fluidité et de sécurité
E-Justice constitue le socle numérique destiné aux professionnels de la justice. La plateforme accompagne progressivement la dématérialisation des procédures pénales, civiles, commerciales et sociales.
Elle doit notamment faciliter la gestion des dossiers, la circulation de l’information et la traçabilité des procédures, tout en réduisant certaines lourdeurs administratives. Pour les magistrats et greffiers, l’objectif est de disposer d’outils plus efficaces afin d’améliorer le traitement des affaires et, à terme, les délais.
La sécurité des données constitue également un enjeu majeur. Le recours à des infrastructures d’hébergement dédiées doit contribuer à renforcer la protection et la maîtrise des données judiciaires, particulièrement sensibles.
Jokko ak Yoon : une justice plus proche du citoyen
Avec Jokko ak Yoon, le ministère mise davantage sur l’accessibilité et le dialogue. La plateforme permet aux citoyens d’adresser une demande d’information, une réclamation, un signalement, une suggestion, une observation ou une contestation.
La demande est enregistrée puis orientée vers le service compétent, avec un suivi jusqu’à la réponse. Une manière de placer davantage l’usager au centre du service public : ce n’est plus au citoyen de connaître toute l’organisation administrative pour trouver le bon interlocuteur.
Le ministère précise toutefois que Jokko ak Yoon n’est pas destiné à la délivrance d’actes ou de documents judiciaires. Il s’agit avant tout d’un espace d’écoute, d’information, d’orientation et de dialogue.
Pour éviter que la digitalisation ne crée une nouvelle fracture, le dispositif sera complété par un centre d’appel et un numéro vert.
Avec ces deux plateformes, le Sénégal entend ainsi avancer vers une justice plus efficace dans son fonctionnement, plus sécurisée dans la gestion de ses données et plus accessible dans sa relation avec les citoyens. Le défi sera désormais de garantir leur appropriation par les professionnels et leur utilisation effective au bénéfice des justiciables.
TE/Sf/APA





