La Côte d’Ivoire vient de poser une pierre angulaire dans la sécurisation de son cyberespace. À l’occasion d’un atelier national organisé par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI), le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a annoncé la mise en service officielle de l’Infrastructure à clés publiques (PKI). Une avancée majeure matérialisée dans la nuit du mercredi 22 juillet 2026.
« J’ai l’immense honneur et le privilège de vous informer que l’ANSSI a posé un jalon essentiel sur le chemin de la sécurité de notre cyberespace, par la mise en service officielle de la PKI (Public Key Infrastructure) », a annoncé Djibril Ouattara.
Pour le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, « cette infrastructure permet de gérer les certificats numériques et l’ensemble des éléments liés à la cryptographie ; c’est donc une étape importante qui a été franchie hier, mercredi 22 juillet 2026. »
Le PKI désigne un ensemble technologique et procédural indispensable pour gérer l’ensemble du cycle de vie des certificats numériques et des paires de clés cryptographiques. En assurant la gestion de ces certificats, le dispositif crée, distribue, valide, renouvelle et révoque de véritables cartes d’identité numériques, indispensables à la sécurité en ligne.
En tant que moteur cryptographique, cette infrastructure orchestre l’utilisation des clés publiques et privées afin de sécuriser efficacement l’ensemble des échanges de données sur les réseaux. Véritable fondation invisible de la confiance numérique sur Internet et au sein des entreprises, le PKI repose sur trois piliers majeurs.
Les trois piliers majeurs de l’infrastructure PKI sont la sécurisation des échanges par le chiffrement et le maintien de l’intégrité des messages, l’authentification forte pour valider l’identité exacte des utilisateurs, des serveurs ou des objets connectés, et la non-répudiation grâce à la signature électronique, rendant toute transaction ou signature de document incontestable.
« Au fur et à mesure que notre société se numérise, notre dépendance vis-à-vis de ces technologies s’accroît et la protection de notre espace devient un impératif stratégique », a déclaré le ministre Djibril Ouattara.
Dans ce contexte, « la cybersécurité ne peut plus être considérée comme un simple enjeu technique, la cybersécurité s’affirme désormais comme un enjeu de souveraineté et de confiance », a-t-il dit, à l’ouverture de l’atelier national consacré à la restitution des résultats de l’évaluation de la stratégie nationale de la cybersécurité 2021-2025 et à l’examen du projet de la stratégie 2026-2030.
Cet atelier national sur la cybersécurité a également servi de cadre pour restituer le bilan de la première Stratégie nationale de cybersécurité (2021-2025) et examiner le projet de la nouvelle feuille de route 2026-2030.
Cette nouvelle vision se décline en 40 chantiers structurants, dont quatre sont spécifiquement dédiés à la cybersécurité et à la confiance numérique à travers l’opérationnalisation du cadre réglementaire existant.
L’accent est aussi mis sur le capital humain. Le ministre a ainsi félicité l’ANSSI pour sa collaboration avec l’ESATIC (École supérieure des TIC), qui débouchera dès septembre 2026 sur l’ouverture d’un nouveau programme de Master en cybersécurité.
Le directeur général de l’ANSSI, le général Guelpétchin Ouattara, a rappelé le chemin parcouru depuis cinq ans : « Aujourd’hui, il nous faut regarder en face ce que nous avons pu faire, regarder en face nos lacunes et s’enrichir pour le futur ».
Il a articulé la nouvelle stratégie 2026-2030 autour de trois axes de contexte : la transformation digitale accélérée du pays, la sophistication accrue des cybermenaces touchant chaque citoyen, et la question cruciale de l’autonomie stratégique de la Côte d’Ivoire.
En réunissant les administrations publiques, le secteur privé, les partenaires financiers et la société civile, l’ANSSI, sous la tutelle de son ministère, réaffirme son rôle de pilote de la résilience numérique ivoirienne pour les années à venir.
AP/Sf/APA







