Deux ressortissants ghanéens ont saisi la Cour pénale internationale (CPI) pour demander l’ouverture d’une enquête sur les violences présumées commises contre des migrants en Afrique du Sud. Ils estiment que ces actes pourraient constituer des crimes contre l’humanité et reprochent aux autorités sud-africaines de ne pas avoir suffisamment agi pour les prévenir et poursuivre leurs auteurs.
La requête des ressortissants pour une enquête sur les violences anti-migrants en Afrique du Sud a été déposée la semaine dernière auprès de la CPI à La Haye par l’ancien porte-parole du gouvernement ghanéen, Palgrave Boakye-Danquah, et l’analyste en sécurité Emmanuel Kotin. Les deux plaignants affirment que les migrants étrangers font face depuis plusieurs années à des « attaques généralisées et systématiques ».
« La nature répétitive, l’ampleur et la récurrence de ces violences soulèvent de sérieuses interrogations quant à l’incapacité des autorités à prévenir, enquêter sur ces crimes et poursuivre les responsables », ont-ils déclaré.
La CPI n’a pas encore indiqué si elle allait donner suite à cette requête. Le gouvernement sud-africain a, de son côté, rejeté l’initiative, la qualifiant d’« opportuniste ». Prétoria assure que son système judiciaire est capable de traiter les infractions commises sur son territoire et réfute toute accusation de défaillance de l’État.
Cette démarche intervient dans un contexte de tensions croissantes liées aux manifestations hostiles aux migrants en situation irrégulière. Le Ghana, ainsi que plusieurs autres pays africains comme le Kenya, le Malawi, le Nigéria, l’Ouganda et le Zimbabwe, ont organisé le rapatriement de certains de leurs ressortissants.
Des groupes anti-immigration avaient appelé les étrangers en situation irrégulière à quitter le pays avant le 30 juin, provoquant le départ de milliers de personnes. Les autorités sud-africaines évoquent plus de 53 000 expulsions ou rapatriements, tandis que certains pays d’origine avancent un chiffre dépassant 160 000 départs en deux mois.
Les manifestants accusent notamment les migrants d’aggraver le chômage, la criminalité et la pression sur les services publics. Des accusations rejetées par les Nations Unies, qui soulignent que les migrants sont souvent utilisés comme boucs émissaires face aux difficultés économiques et sociales.
La Cédéao a condamné les violences signalées et appelé Pretoria à prendre des mesures pour garantir la sécurité des ressortissants étrangers. Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a également dénoncé les attaques tout en reconnaissant les préoccupations liées à la migration, appelant les citoyens à ne pas se substituer à la justice.
Le ministère sud-africain des Affaires étrangères a enfin réaffirmé son engagement en faveur de l’État de droit et indiqué que les auteurs d’éventuels actes criminels seraient poursuivis.
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