Une étude récente de l’Institut Tunisien de la Compétitivité et des Etudes Quantitatives met en évidence une dégradation progressive du climat des affaires et appelle à des réformes structurelles pour restaurer la compétitivité.
Le diagnostic dressé par l’ITCEQ dans son étude intitulée « Analyse du climat des affaires en Tunisie : renouveau méthodologique et leviers d’action prioritaires » souligne une urgence d’agir face à l’érosion de l’environnement entrepreneurial. Selon l’institut, la détérioration constatée repose à la fois sur des indicateurs internationaux et sur la perception directe des entreprises nationales, révélant des fragilités institutionnelles et organisationnelles persistantes.
Depuis l’année 2000, l’ITCEQ conduit une enquête régulière auprès d’un échantillon de plus de 1 000 entreprises privées, couvrant 51 indicateurs relatifs aux conditions d’exercice de l’activité économique. Afin de synthétiser ces données, l’Institut calcule depuis 2007 un Indicateur de perception du climat des affaires (IPCA), intégrant les évaluations positives et négatives des opérateurs. Cette approche permet de suivre l’évolution des attentes et des contraintes ressenties par le secteur privé.
L’étude identifie trois piliers interdépendants pour inverser la tendance : la stabilité institutionnelle, le renforcement de la bonne gouvernance et la modernisation du dispositif d’appui aux entreprises, notamment par un alignement sur l’économie de la connaissance. Selon l’ITCEQ, ces axes constituent les fondations nécessaires pour restaurer la confiance, relancer l’initiative privée et repositionner la Tunisie sur une trajectoire de compétitivité durable.
Au-delà du constat, l’Institut souligne la nécessité de dépasser l’analyse descriptive pour adopter des outils méthodologiques plus approfondis, capables de formuler des recommandations opérationnelles. Cette évolution traduit une volonté d’orienter le débat public vers des solutions concrètes, en renforçant le dialogue public-privé et en hiérarchisant les priorités d’intervention.
Dans un contexte marqué par une croissance modérée, des contraintes budgétaires et des tensions sociales récurrentes, l’amélioration du climat des affaires apparaît comme un levier stratégique pour attirer l’investissement privé, national et étranger. La capacité des autorités à traduire ces orientations en réformes effectives conditionnera la crédibilité du rebond compétitif évoqué par l’étude et la résilience de la base économique tunisienne face à un environnement régional et international de plus en plus concurrentiel.







