Le président nigérian Bola Tinubu a défendu jeudi le bilan des réformes économiques engagées depuis son arrivée au pouvoir, estimant qu’elles avaient permis de redresser la trajectoire du pays et posé les bases d’une prospérité plus largement partagée.
Dans son discours à la Nation à l’occasion du 66e anniversaire de l’indépendance du Nigéria, en défendant ses réformes économiques, le président Tinubu a rappelé que le pays avait traversé, depuis 1960, des périodes de guerre, de régimes militaires, de crises économiques, d’insécurité et d’instabilité politique, tout en soulignant la résilience de sa population.
Selon le chef de l’Etat, les gouvernements successifs avaient longtemps différé des décisions économiques difficiles, laissant s’enraciner des déséquilibres structurels.
« En 2023, la pauvreté progressait et l’espoir était presque épuisé. La situation du pays était plus sombre que jamais. Nous n’avions pas d’autre choix que d’agir », a-t-il déclaré.
Le président nigérian a comparé l’économie du pays à un patient atteint d’une maladie grave, contraint de choisir entre un traitement difficile et la poursuite de mesures destinées à masquer les problèmes. Il a affirmé que son administration avait choisi de s’attaquer aux faiblesses structurelles de l’économie, malgré les difficultés provoquées à court terme par ces réformes.
« Nos réformes n’ont pas créé les faiblesses de notre économie. Elles s’y sont attaquées », a-t-il soutenu.
Trois ans et demi après le début de son mandat, M. Tinubu a estimé que les perspectives économiques du Nigéria s’étaient améliorées, avec une croissance supérieure à 4 % en 2026. Il a notamment évoqué la contribution des secteurs pétrolier et non pétrolier, la diminution des vols de pétrole, le recul de l’inflation par rapport à son pic, la reconstitution des réserves de change et une stabilisation du marché des changes.
Le président a également rappelé que les exportations non pétrolières avaient généré en 2025 des recettes record de plus de 6 milliards de dollars.
« Il ne s’agit pas d’affirmations gratuites. Les observateurs internationaux, les journalistes, les ONG et les institutions multilatérales peuvent constater les changements », a-t-il déclaré, estimant que le gouvernement pouvait désormais se concentrer sur la consolidation des acquis et le partage des bénéfices de la croissance.
M. Tinubu a fait de la réduction du coût de la vie l’une des principales priorités de la nouvelle phase de son programme économique. Il a annoncé la poursuite des investissements dans l’irrigation, l’agriculture de contre-saison, l’accès aux semences et aux engrais, la mécanisation, le stockage et les infrastructures de transport.
Le gouvernement entend également poursuivre les travaux routiers, ferroviaires et portuaires afin de faciliter l’acheminement des produits agricoles et industriels vers les marchés.
Selon le président, la baisse des coûts de production, la réduction des pertes post-récolte, l’amélioration de l’approvisionnement en électricité des industries et la fluidification du transport des marchandises devraient contribuer à réduire les prix.
La création d’emplois, le développement des entreprises et l’industrialisation figurent également parmi les priorités annoncées. M. Tinubu a notamment évoqué l’utilisation des ressources gazières pour alimenter de nouvelles industries, le soutien aux entreprises souhaitant relancer leurs activités, ainsi que le développement de la connectivité numérique et des compétences adaptées aux besoins du marché du travail.
« Je veux voir davantage de Nigérians fabriquer des produits. Je veux voir davantage d’exploitations agricoles nigérianes approvisionner nos villes et nos usines », a-t-il déclaré, appelant également à une augmentation des exportations de produits fabriqués au Nigéria.
Le président a toutefois reconnu que des millions de Nigérians continuaient de faire face à des difficultés pour se nourrir, payer les frais de scolarité, les soins médicaux et les transports.
Il a attribué ces difficultés à plusieurs décennies de faible productivité, d’insuffisance des infrastructures, de faibles perspectives économiques et de fragilités institutionnelles, tout en estimant que ces problèmes ne pouvaient être résolus en quelques années.
« Nous ne pouvons pas effacer en quatre ans ce qui s’est accumulé au fil des générations. Mais nous pouvons en changer la trajectoire », a-t-il affirmé.
Pour accompagner les ménages les plus vulnérables, le gouvernement prévoit de renforcer les transferts sociaux et d’améliorer le Registre social national afin de mieux cibler les bénéficiaires.
M. Tinubu a également cité le Nigerian Education Loan Fund, présenté comme un mécanisme permettant aux jeunes issus de familles à faibles revenus d’accéder à l’enseignement supérieur malgré les difficultés financières de leurs parents.
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