Les autorités tunisiennes ont ordonné la suspension, pour une durée de trente jours, des activités du bureau de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT).
Le bureau de l’OMCT à Tunis a indiqué avoir reçu, le 5 novembre, un procès-verbal notifiant une ordonnance sur requête imposant cette suspension temporaire. Durant cette période, l’organisation ne pourra plus assurer d’assistance directe aux victimes de torture ni à leurs proches. Cette décision ravive les inquiétudes quant au recul des libertés publiques et au durcissement du climat envers la société civile.
L’OMCT a annoncé son intention d’engager les démarches juridiques nécessaires pour contester cette mesure, tout en réaffirmant son attachement à l’État de droit et à la défense des droits fondamentaux.
Cette décision intervient dans un contexte de pressions accrues contre plusieurs associations indépendantes, notamment l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), également visée par une mesure similaire. Selon des observateurs, ces suspensions illustrent une utilisation de plus en plus restrictive du cadre juridique tunisien afin de limiter l’action des défenseurs des droits humains et de réduire l’espace d’expression de la société civile.
De nombreuses organisations locales dénoncent une dérive autoritaire et un climat d’intimidation ciblant les voix critiques. Elles estiment que ces mesures s’inscrivent dans une série plus large d’actions répressives visant les opposants politiques et les journalistes, souvent jugés dans le cadre de procédures qualifiées d’expéditives par les ONG.
Le Conseil de la presse tunisien a, de son côté, exprimé sa « vive inquiétude » face à la dégradation du climat médiatique. Il dénonce « les tensions professionnelles, juridiques, économiques et sociales » qui entravent le travail journalistique et menacent le droit du public à l’information, garanti par le décret-loi n° 115 de 2011 et l’article 55 de la Constitution.
Cette suspension du bureau de l’OMCT renforce la défiance entre l’État et les acteurs de la société civile tunisienne. Plusieurs ONG internationales appellent à la levée immédiate de ces mesures et à la restauration d’un environnement respectueux des libertés publiques, piliers essentiels de la transition démocratique amorcée après 2011.
MK/te/Sf/APA







