Les avocats et proches de la militante antiraciste tunisienne, Saadia Mosbah, emprisonnée depuis près de deux ans, ont réclamé sa libération lors de son procès prévu jeudi à Tunis.
Les avocats de Saadia Mosbah réclament sa libération, invoquant « un dossier vide » et un état de santé dégradé de la militante tunisienne. Cette ancienne hôtesse de l’air elle-même noire, connue pour avoir été à l’origine de l’adoption en 2018 d’une loi pionnière pour le Maghreb contre les discriminations raciales, assiste à l’audience, selon les médias.
Présidente de l’association M’nemty, la sexagénaire et plusieurs autres membres sont accusés de blanchiment d’argent et d’enrichissement illégal.
Elle avait été en première ligne pour défendre les migrants provenant d’Afrique subsaharienne, après un virulent discours en février 2023 du président tunisien Kaïs Saïed, dans lequel il dénonçait l’arrivée de « hordes de migrants clandestins » et un complot « pour changer la composition démographique » du pays.
L’avocate Ibtissem Jebabli a évoqué « un dossier vide et sans preuves », ajoutant : « Les membres de l’association, les volontaires ont fait un rêve, ont créé M’nemty mais ce rêve est devenu un cauchemar ».
L’état de santé de Mme Mosbah est «très dégradé» tout comme son moral, a averti l’avocate, soulignant qu’elle avait été privée de sa pension de retraite et que son fils Fares avait perdu son travail à cause du procès.
Une quinzaine de manifestants étaient réunis devant le tribunal pour réclamer sa libération. « La solidarité n’est pas un crime», «Liberté pour Saadia », lit-on sur des pancartes.
Romdhane Ben Amor de l’ONG spécialisée dans les questions migratoires FTDES a rejeté l’accusation de blanchiment portée contre M’nemty, « une association qui a des fonds limités et est fondée sur le bénévolat ».
Selon lui, Mme Mosbah est victime d’un « certain narratif partagé sur les réseaux sociaux selon lequel il y aurait un envahissement de la Tunisie par les migrants dont l’association aurait été complice ».
Dans un communiqué, la représentante spéciale de l’ONU pour les défenseurs des droits Mary Lawlor affirme suivre « de près» l’audience, appelant « avec force » les autorités à la libérer.
AK/te/Sf/APA avec AFP







