La Direction de la sécurité de Tripoli a appelé les citoyens et les organisateurs de manifestations à respecter les dispositions légales encadrant les rassemblements publics, notamment l’obligation d’informer les autorités au moins 48 heures à l’avance. Dans un communiqué officiel, elle a réaffirmé le principe du droit à la manifestation pacifique, tout en rappelant les sanctions prévues en cas de non-respect des procédures.
Selon la direction, la notification écrite doit être adressée au service de sécurité compétent et préciser la date, l’heure, le point de rassemblement, le lieu de départ, l’itinéraire ainsi que le point d’arrivée du cortège. Les autorités invoquent la législation libyenne et les garanties reconnues par la Déclaration constitutionnelle ainsi que par les conventions internationales pour encadrer l’exercice de cette liberté.
L’article 10 de la loi mentionnée dans le communiqué prévoit jusqu’à six mois d’emprisonnement, une amende pouvant atteindre 5 000 dinars libyens, ou le cumul des deux peines, pour les personnes organisant ou appelant à une manifestation ou à un sit-in sans notification préalable. Les participants qui enfreignent sciemment ces dispositions sont également concernés. Les sanctions sont doublées lorsque le contrevenant est armé, y compris si le port de l’arme est légal.
Cette mise en garde intervient dans un contexte de tensions autour du secteur éducatif. L’Agence de sécurité intérieure, relevant du Gouvernement d’union nationale, a également menacé de prendre des mesures juridiques et sécuritaires contre les personnes responsables de la fermeture d’établissements scolaires ou de la perturbation des cours. Elle a affirmé ne pas rester passive face à la grève des enseignants, qui affecte plusieurs régions du pays.
À Tripoli, de nombreux établissements n’ont pas répondu aux appels gouvernementaux à reprendre les cours. Des manifestations organisées dans plusieurs écoles ont, au contraire, exprimé le soutien des personnels au mouvement de grève et à leurs revendications relatives à l’amélioration des conditions de vie. La contestation sociale se prolonge ainsi malgré les injonctions des autorités à rétablir le fonctionnement normal des établissements.
Au-delà de la question du respect des procédures, cette situation met en évidence l’équilibre délicat entre maintien de l’ordre public et exercice des libertés dans une Libye confrontée à une fragmentation institutionnelle persistante. Si les autorités peuvent légitimement encadrer les rassemblements pour des raisons de sécurité, l’application de la loi ne saurait, à elle seule, répondre aux revendications sociales. La crédibilité de leur réponse dépendra aussi de leur capacité à engager un dialogue avec les enseignants et à apporter des réponses concrètes aux difficultés dénoncées.
MK/AK/Sf/APA




