Le gouvernement tchadien a mis à exécution sa menace de retenir les salaires des enseignants grévistes.
Les enseignants de la ville de N’Djaména et d’autres provinces, qui ont observé la grève à l’appel de leur syndicat, ont vu leurs salaires du mois de février coupés.
Lors d’une déclaration faite le 22 février, le Ministre de l’Education nationale, Dr Aboubacar Assidick Tchoroma avait menacé d’appliquer l’article 15 de la Loi 32 de 2007 encadrant l’exercice du droit de grève. Lequel article donne la possibilité au gouvernement de retenir les salaires pour des jours non prestés.
Le Secrétaire général du Syndicat des enseignants, section de N’Djaména, Abdelkader Djibia a protesté contre cette mesure qu’il juge « d’extrême ». « C’est une mesure drastique, elle devrait être décidée en dernier recours. Ce que le gouvernement a fait va encore enfoncer la situation. Il [gouvernement] a choisi la confrontation », a-t-il réagi à la suite de la suspension des salaires.
Depuis le 16 février, les établissements publics de N’Djaména et de certaines villes du Tchad sont paralysées par un mot d’ordre de grève lancés par des sections provinciales du Syndicat des enseignants. Ils réclament l’application du décret 2850 portant revalorisation de leurs indemnités. Le gouvernement a proposé un calendrier de négociation qui doit s’achever le 3 avril, ce que le syndicat refuse. Le bras de fer se poursuit.
CA/Sf/APA







