Le ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, a appelé mercredi à Ouagadougou à une transformation en profondeur des marchés boursiers africains, vers plus dinclusivité portée par une numérisation accélérée.
Présidant la cérémonie d’ouverture de la troisième édition du Forum international sur l’investissement boursier (FIIB), axée sur l’innovation et la finance numérique, organisée par la Société de gestion et d’intermédiation SA2IF, Dr Aboubakar Nacanabo a souligné la nécessité de repenser les places financières africaines afin d’en faire de véritables leviers de financement du développement.
Placée sous le thème « Innover pour attirer : repenser les marchés boursiers africains à l’ère de la finance numérique », cette édition, prévue les 25 et 26 février, réunit pouvoirs publics, régulateurs, experts, acteurs du secteur privé et professionnels du marché financier autour des enjeux de modernisation et d’attractivité des marchés africains.
Dans son allocution, le ministre a rappelé que le déficit de financement des infrastructures en Afrique est estimé à plus de 100 milliards de dollars par an. Pour lui, les marchés financiers peuvent contribuer à résorber ce gap, à condition de gagner en profondeur et en liquidité, tout en dépassant leur image élitiste.
« Nos marchés doivent devenir de véritables instruments de financement des États africains », a-t-il affirmé, estimant qu’une telle évolution permettrait aux pays du continent de mobiliser davantage de ressources sur les marchés domestiques, sans dépendre systématiquement des financements extérieurs.
Un panel de haut niveau, modéré par l’ancien Premier ministre burkinabè Tertius Zongo, a réuni le ministre de l’Économie et des Finances, un commissaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa) et le président de la Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE).
Les échanges ont mis en exergue plusieurs défis à relever, notamment le renforcement de l’éducation financière des populations, l’amélioration du cadre réglementaire et l’interconnexion des marchés financiers africains.
Abordant la question de la crédibilité budgétaire et macroéconomique dans l’attractivité des économies africaines, Dr Nacanabo s’est montré catégorique : « Aucun algorithme ne peut remplacer la confiance. » Selon lui, cette confiance repose d’abord sur la transparence budgétaire et la fiabilité des indicateurs économiques, qui constituent avant tout des outils de pilotage pour les États, avant d’être des repères pour les investisseurs.
HO/Sf/APA







