La Côte d’Ivoire a franchi, ce samedi 13 juin 2026, une étape décisive dans son combat contre les violences basées sur le genre (VBG). Une déclaration d’engagement national a été officiellement signée à Abidjan lors d’une cérémonie solennelle.
Cet événement historique a réuni les plus hautes institutions de la République, la société civile, les chefs religieux, les autorités coutumières, ainsi que la Première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, tous unis pour dire stop aux VBG.
La cérémonie s’est déroulée en présence de nombreuses personnalités de premier plan, notamment Maimouna Koné, épouse du vice-président, Robert Mambé, Premier ministre, Patrick Achi, président de l’Assemblée nationale, et Sa Majesté Nana Désiré Amon Tanoé, président de la Chambre des Rois et chefs Traditionnels de Côte d’Ivoire.
La dimension sous régionale de ce combat a été marquée par la présence de la ministre en charge de la Protection du genre, de la femme, de la famille et de l’enfant de la Centrafrique ; Patricia Lama, ministre de la Femme, de la famille et des solidarités de la Guinée, et la ministre de l’Egalité du Genre et de l’enfance de la Sierra Léone.

La Première dame de Côte d’Ivoire, Dominique Ouattara, a délivré des messages ciblés et percutants à chaque acteur de la société. Aux guides religieux, elle les a qualifiés de « gardiens de la conscience morale », les invitant à porter ce message de refus des violences au sein de leurs fidèles.
Aux Rois et chefs traditionnels, la Première dame les a exhortés à transformer les normes coutumières qui ont trop longtemps justifié la violence domestique, tandis qu’aux médias et influenceurs, elle a rappelé leur pouvoir de façonner les consciences, les incitant à informer et éduquer sans jamais banaliser.
Au secteur privé, elle a insisté sur l’importance de briser le silence en entreprise et de sortir les femmes de la précarité par l’emploi. A la jeunesse, elle a désigné les jeunes comme la « génération du changement », appelant les hommes au respect et les femmes à refuser le silence.
Nasseneba Touré, ministre ivoirienne de la Femme, de la famille et de l’enfant, a prononcé un discours d’une grande fermeté. Pour elle, la violence faite aux femmes est « une blessure infligée à la République » qui requiert une action collective et constante.
« L’engagement que nous venons de prendre ensemble doit être un serment inviolable. Il oblige l’agent de police à prendre au sérieux la plainte d’une femme battue », a martelé la ministre, affichant une volonté claire de voir la chaîne de la violence s’interrompre définitivement sur tout le territoire national.

Le pouvoir législatif a apporté un soutien de poids à cette initiative à travers des interventions par messages vidéo. Patrick Achi, le président de l’Assemblée nationale, s’est engagé, dans un message vidéo, à renforcer le cadre législatif, à veiller à l’application stricte des lois et à mobiliser l’ensemble des députés sur le terrain.
Kandia Camara, la présidente du Sénat ivoirien, a affirmé que la dignité humaine ne se négocie pas, promettant de faire du Sénat une voix forte et constante pour l’élimination des Violences basées sur le genre (VBG).
Du côté des autorités spirituelles, le guide de la communauté musulmane, Cheick Aïma Diakité, a rappelé que le changement de mentalité est un processus progressif qui commence d’abord à l’intérieur des cœurs avant de pouvoir transformer durablement une nation.
Cette signature marque le point de départ d’une vigilance accrue et d’une action coordonnée où chaque composante de la société ivoirienne est désormais face à ses responsabilités. Le Conseil national des Droits de l’Homme est également engagé dans cette campagne de zéro VBG en Côte d’Ivoire.
AP/APA






