La formation initiée par la FAO vise à doter les bénéficiaires des capacités nécessaires afin de pouvoir formuler et valoriser les aliments locaux pour le tilapia, un poisson très prisé en Côte d’Ivoire, en vue d’accroître la production de cette espèce aquatique et garantir la sécurité alimentaire.
La séance de formation des producteurs, qui s’est achevée, ce jeudi 17 juillet 2025, à Abidjan, a duré une semaine. Elle a consisté, selon le consultant Guillaume Le Reste, à partager des expériences et à s’appuyer sur des protocoles de fabrication d’aliments pour le tilapia.
Guillaume Le Reste a indiqué avoir abordé avec les participants l’impact des procédés et technologies de fabrication et formulé des aliments sur la base d’analyses qui ont été réalisées dans un laboratoire ivoirien sur des matières premières locales.
Ceci, dira-t-il, devrait permettre aux fabricants d’aliments d’être « à mesure de mettre en œuvre chez eux des recettes ou des aliments théoriques qu’ils vont fabriquer dans les années à venir. » L’idée étant de leur « apporter les connaissances de base qui leur permettront de s’adapter. »
« Certains équipements qu’on a vu dans les usines sont fort peu chers à l’acquisition, mais ne permettent pas une exploitation dans la durée et ne permettent pas non plus de fabriquer des aliments de qualité », a-t-il fait observer M. Guillaume Le Reste.
Cette formation des producteurs locaux d’aliments pour tilapia s’inscrit dans le cadre du Programme FISH4ACP. Ce programme exécuté par la FAO, accompagne le développement et la mise à niveau de la chaîne de valeur du tilapia et de l’élevage en Côte d’Ivoire.
Appui à la chaîne de valeur
Mme Djiré Foungnigué, administratrice du Programme FISH4ACP a expliqué, en marge de la formation, que le tilapia est l’espèce de poisson la plus produite en Côte d’Ivoire. En outre, elle est la plus facile d’élevage.
« Et donc, accompagner l’Etat à améliorer la productivité des exploitations piscicoles, c’est contribuer à l’atteinte de la sécurité alimentaire en termes de fourniture de protéines animales à la population », a-t-elle noté. L’une des problématiques révélées par le diagnostic de la chaîne de valeur du tilapia d’élevage est l’accès aux aliments et aux alevins.
L’aliment représente le coût le plus élevé au niveau des charges des exploitations piscicoles, notamment « entre 70% à 80% des coûts de production » ce qui, parfois, grève leur rentabilité, a partagé Mme Djiré Foungnigué, tout en faisant remarquer qu’en Côte d’Ivoire, l’aliment de qualité est importé.
« Avec l’importation, l’aliment des poissons est encore plus cher. Donc, l’idée est de soutenir la Côte d’Ivoire à augmenter sa production nationale, réduire les coûts de production pour les pisciculteurs et ainsi favoriser la disponibilité des poissons sur le marché », a-t-elle soutenu.
Il s’agit de « régler cette question de l’accessibilité à un aliment pour poisson de qualité » en ayant « un aliment au niveau national qui soit produit avec nos ingrédients de base pour essayer de baisser le coût, mais en même temps, avoir un aliment de qualité comparativement à ceux qu’on importe », a-t-elle ajouté.
Cette formation qui est la première « vise à renforcer les producteurs locaux d’aliments pour poissons », a renseigné Mme Djiré, annonçant qu’« il y aura un suivi individualisé de certains de ces producteurs locaux au niveau de leurs installations par des experts en charge de la formulation d’aliments pour poissons ».
Alimentation des poissons
L’alimentation du poisson en aquaculture, en Côte d’Ivoire, utilise principalement des sous-produits agro-industriels comme le son de riz, de maïs et la farine de riz. Ces ingrédients, produits localement, sont souvent mélangés et adaptés aux besoins spécifiques des espèces.
Les erreurs qu’on rencontre, souvent, sont liées à « la formulation et les gens méconnaissent les fondamentaux de la nutrition ». a-t-il mentionné, ajoutant que « certains font des erreurs en choisissant des matières premières les moins coûteuses qui sont aussi les moins digestes et qui ne satisfont pas les besoins des poissons ».
Il a confié que des aliments peuvent être obtenus à partir de coproduits de céréales, des co-produits d’extraction d’huile, de fabrication de farine, des coproduits liés à l’épluchage des tubercules. Il conseille les coproduits de l’anacarde, du cacao et des matières premières innovantes telles que les insectes.
M. Sylvain Odi, participant et fabricant d’aliments pour la nutrition animale, a avoué que « c’est vraiment bien venu cette formation, parce que ça nous permet d’apprendre à fabriquer l’aliment des poissons avec des produits locaux. »
« On a eu de vrais experts qui maîtrisent le domaine et ça nous a permis de mieux connaître le tilapia et surtout ce qui était important dans la formation, c’était apprendre à fabriquer l’aliment de tilapia parce que la plupart du temps, on importe l’aliment un peu partout. Pourtant qui parle d’importation, parle de coûts élevés, or avec nos matières premières locales, si on arrive à fabriquer l’aliment, c’est parfait », a affirmé Sylvain Odi.
FISH4ACP, une initiative de l’Organisation des Etats d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP), est financée par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du développement (BMZ). Le programme est mis en œuvre par la FAO et ses partenaires.
AP/Sf/APA







