Le secrétariat exécutif du Comité de concertation État/secteur privé (CCESP) a lancé, ce mardi 5 mai 2026 à Abidjan, un vaste programme de renforcement des capacités des Associations et organisations professionnelles (AOP). Une initiative qui marque le passage d’une phase consultative à un partenariat véritablement stratégique.
Le siège de la Chambre de commerce et d’industrie de Côte d’Ivoire a servi de cadre, ce mardi, au lancement d’un programme ambitieux pour l’économie nationale, visant le renforcement des capacités des AOP. Sous l’impulsion du CCESP, l’État ivoirien entend outiller les faîtières du secteur privé pour en faire des acteurs clés du dialogue public-privé.
Pour Mariam Fadiga, secrétaire exécutive du CCESP, ce programme ne se résume pas à une simple série de formations. Il s’agit d’un « investissement sur le long terme » et d’un « partenariat stratégique » en vue d’une transformation structurelle des organisations professionnelles.
L’enjeu est de « transformer les AOP en entités plus résilientes », représentatives et capables de servir de relais efficaces sur le terrain. « Ensemble, construisons des organisations professionnelles fortes qui serviront de relais pour relever les défis de demain », a-t-elle plaidé.
L’objectif est clair : passer d’un dialogue consultatif à un dialogue stratégique, orienté vers l’impact. Cette vision s’appuie sur une étude de 2025 du CIRES préconisant une implication plus directe des parties prenantes dans la transformation structurelle de l’économie.
Le programme, détaillé par George Kopré, conseiller technique au CCESP, affiche des ambitions chiffrées : Quelque 1 000 auditeurs issus de diverses organisations professionnelles sont visés par cette formation à travers le pays.
La phase pilote, elle, prévoit 150 bénéficiaires soit 30 Associations et organisations professionnelles (AOP), notamment 10 AOP pour 50 personnes à San-Pedro, 10 AOP pour 50 personnes à Bouaké et 10 AOP pour 50 personnes à Korhogo.
Les bénéficiaires sont les présidents, secrétaires généraux et cadres dirigeants d’AOP. Les modules plancheront sur des thématiques critiques : l’accès aux marchés publics, les mécanismes d’import/export, la fiscalité ainsi que la communication digitale et l’animation de réseaux.
L’enjeu national est de taille. Alain Konan, représentant le ministre du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, a rappelé que le climat des affaires doit favoriser l’atteinte des objectifs du Programme national de développement (PND) 2026-2030, dont 70,2 % des investissements sont consacrés au secteur privé.
« Les rapports doivent s’inscrire dans une dynamique de partenariat et non de confrontation », a déclaré le représentant du ministre du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, soulignant que le secteur privé est le moteur du PND 2026-2030.
En écho à cette ambition, Emmanuel Kouakou, président des porteurs de projets (start-up), a souhaité une formation des start-ups sur les questions liées à la fiscalité et le financement des entreprises débutantes.
Soutenu par les ministères de l’Économie et de l’Emploi, ce programme pose les jalons d’une nouvelle gouvernance où le secteur privé n’est plus seulement consulté, mais devient un co-architecte de la croissance économique ivoirienne.
AP/Sf/APA







