Le gouvernement malien a lancé mardi la mise en œuvre de son Plan national de réponse 2026 à l’insécurité alimentaire et à la malnutrition, doté de 12,7 milliards de FCFA, avec près de 20 000 tonnes de céréales destinées à plus de 1,5 million de personnes durant la période de soudure.
Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, a donné le coup d’envoi du dispositif à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM), au nom du président de la Transition, le général d’armée Assimi Goïta.
La cérémonie marque le passage à la phase opérationnelle d’un plan présenté en mars aux partenaires techniques et financiers. À cette occasion, le chef du gouvernement a remis aux gouverneurs de plusieurs régions ainsi qu’aux autorités du District de Bamako les décisions autorisant la distribution gratuite de vivres.
Des premiers camions chargés de céréales ont quitté les entrepôts de l’OPAM pour approvisionner les six arrondissements de la capitale.
Près de 20 000 tonnes de céréales
Élaboré annuellement par le Commissariat à la sécurité alimentaire, le PNR prévoit la distribution gratuite de 19 960 tonnes de céréales aux ménages classés en situation de crise ou d’urgence.
Le dispositif prévoit également la mise à disposition de riz, de mil, de sucre et d’huile à 50 % de leur prix de marché, afin d’alléger la pression sur les ménages vulnérables.
L’intervention comprend aussi 1 200 tonnes d’aliments pour bétail, 424,10 tonnes d’aliments pour poissons ainsi que des semences maraîchères. Cette approche vise à répondre aux besoins alimentaires immédiats tout en protégeant les moyens de subsistance des populations rurales.
Les partenaires internationaux sont également mobilisés. Le Programme alimentaire mondial (PAM) doit assister 365 543 personnes et soutenir les moyens de subsistance de 185 857 autres, tandis que la FAO prévoit d’accompagner 86 345 bénéficiaires.
La Chine a, pour sa part, fourni 1 930 tonnes de riz au Commissariat à la sécurité alimentaire, alors que la Russie met 770 tonnes de pois cassés à la disposition du PAM.
Une réponse à une soudure difficile
Le lancement intervient alors que le Mali fait face à une dégradation des conditions de vie et d’accès aux denrées alimentaires. Le Cadre harmonisé estime à environ 1,6 million le nombre de personnes susceptibles de connaître une situation d’insécurité alimentaire aiguë durant la période de soudure, soit une hausse de 9 % sur un an.
Les régions du Nord et du Centre demeurent particulièrement vulnérables, sous l’effet conjugué des violences, des déplacements de populations, de la hausse des prix et des difficultés d’approvisionnement.
La situation nutritionnelle reste tout aussi préoccupante. Selon l’analyse IPC, 1,12 million d’enfants de 6 à 59 mois pourraient être touchés par la malnutrition aiguë entre novembre 2025 et octobre 2026, dont quelque 227 000 cas sévères.
Le gouvernement entend ainsi accélérer l’acheminement des vivres vers les zones prioritaires, malgré les contraintes sécuritaires et logistiques qui compliquent l’accès à certaines localités.
Le Commissariat à la sécurité alimentaire prévoit par ailleurs la création d’une Agence de veille et d’alerte en sécurité alimentaire et nutritionnelle, ainsi que le développement de la Facilité alimentaire à la malienne, présentée comme un mécanisme destiné à faciliter l’accès des ménages modestes aux produits essentiels.
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