La Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) du Mali a demandé l’ouverture d’une enquête sur les incidents survenus à Djalakorodji et à Kourémalé, dénonçant un recours qu’elle juge « excessif et disproportionné » à la force lors des opérations de maintien de l’ordre.
La Commission nationale des droits de l’Homme du Mali a recommandé aux autorités d’ouvrir une enquête sur les incidents impliquant les forces de l’ordre à Djalakorodji, le 4 octobre, et à Kourémalé, le 11 octobre.
Dans un communiqué publié mercredi 14 octobre et signé par sa présidente par intérim, Aïssata Founè Tembely, la CNDH dénonce un recours « excessif et disproportionné » à la force et demande que les éventuels auteurs d’actes répréhensibles soient poursuivis conformément à la loi.
L’institution appelle les forces chargées du maintien de l’ordre à n’utiliser la force qu’en dernier ressort, lorsque cela est nécessaire au rétablissement de l’ordre public. Elle cite notamment les événements survenus à Djalakorodji, dans le district de Bamako, et à Kourémalé, dans la région de Koulikoro.
À Kourémalé, localité située à la frontière avec la Guinée, la mort d’un homme d’une trentaine d’années, dimanche 11 octobre, à la suite d’un contrôle de police, a provoqué des manifestations le lendemain.
Selon plusieurs témoignages recueillis localement, la victime circulait à moto avec une passagère lorsqu’elle a été soumise à un contrôle. Les circonstances exactes des tirs restent à établir. L’homme a succombé à ses blessures, tandis que sa passagère a été évacuée pour recevoir des soins.
Les protestations qui ont suivi ont entraîné la fermeture de commerces et perturbé le marché hebdomadaire. Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont également été signalés, faisant plusieurs blessés.
Une semaine plus tôt, le 4 octobre, la mort d’un jeune homme à Djalakorodji avait déjà provoqué des tensions. Selon des témoignages rapportés par la presse malienne, il aurait été percuté par un véhicule de police à l’issue d’une poursuite. Des affrontements avaient ensuite éclaté entre des jeunes du quartier et les forces de sécurité.
La CNDH demande que les circonstances de ces deux incidents soient élucidées et que les responsabilités éventuelles soient établies par les autorités compétentes.
MD/te/APA





