Les Forces armées maliennes (FAMa) ont acheminé, dimanche 26 juillet, 48 tonnes de vivres et de médicaments à Diafarabé, dans le cercle de Ténenkou, et à Nouh-Bozo, dans le cercle de Djenné. Cette opération intervient dans une région du centre du Mali où l’insécurité persistante, les difficultés d’accès et les aléas climatiques compromettent durablement l’approvisionnement des populations.
Un chargement de 48 tonnes de vivres et de médicaments destiné aux localités isolées du centre du Mali, composé notamment de riz, de lait, de sucre, d’huile et de médicaments essentiels, a été offert par la présidence de la Transition afin de répondre aux besoins immédiats des ménages confrontés aux pénuries. Les FAMa ont assuré le transport et la sécurisation de cette aide jusqu’aux deux localités, dans le cadre de leurs missions d’assistance aux populations et de maintien de la présence de l’État dans les zones difficiles d’accès.
Un approvisionnement fragilisé
Cette livraison intervient quelques jours après un grave accident ayant affecté l’un des principaux circuits de ravitaillement de Diafarabé, de Nouh-Bozo et des villages voisins.
Dans la nuit du 23 au 24 juillet, 28 des 64 pinasses rassemblées à Macina ont chaviré sous l’effet de violentes intempéries. Les embarcations transportaient des céréales, du sucre, de la farine et d’autres produits de première nécessité. Selon les responsables du convoi, près de 300 tonnes de marchandises ont été perdues.
Cet incident met en évidence la vulnérabilité des circuits commerciaux dans une zone où le transport fluvial devient indispensable pendant l’hivernage, les routes étant souvent rendues impraticables par les pluies et les contraintes sécuritaires. La moindre interruption de la navigation peut entraîner des ruptures d’approvisionnement et une flambée des prix dans les localités riveraines.
Une région marquée par l’insécurité
Diafarabé sort tout juste d’une longue période d’isolement. Depuis mai 2025, un blocus imposé par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), affilié à Al-Qaïda, avait fortement restreint la circulation des personnes, des marchandises et des médicaments. L’arrivée d’un convoi routier, le 15 mai 2026, avait permis de desserrer partiellement cet étau, sans pour autant rétablir un approvisionnement normal.
La situation sécuritaire s’est également dégradée autour de Kouakourou, dont dépend le village de Nouh-Bozo. Le 18 juillet, des combattants du JNIM ont attaqué le camp militaire de la localité. Le lendemain, un hélicoptère de l’armée malienne a été abattu dans la même zone.
Selon des responsables locaux et des habitants, ces affrontements ont provoqué le déplacement d’environ 5 000 personnes, dont une partie s’est réfugiée dans les villages voisins ainsi qu’à Djenné, accentuant les besoins en nourriture, en abris et en soins de santé.
Des besoins humanitaires toujours élevés
Cette opération s’inscrit dans un contexte humanitaire particulièrement préoccupant, marqué par la persistance des violences, les déplacements de populations, les perturbations des échanges commerciaux et les effets des chocs climatiques.
Selon les estimations humanitaires, près de 1,6 million de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë au Mali. Le pays compte également plus de 400 000 déplacés internes, tandis que 5,1 millions de personnes auront besoin d’une assistance humanitaire en 2026.
L’acheminement de ces 48 tonnes de vivres et de médicaments apporte ainsi un soutien immédiat aux habitants de Diafarabé et de Nouh-Bozo. Toutefois, face à la fragilité persistante des voies d’approvisionnement et à l’insécurité qui continue de peser sur le centre du pays, les besoins humanitaires demeurent considérables et nécessiteront des interventions régulières pour prévenir une aggravation de la situation.
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