La Libye affiche le taux de chômage des jeunes le plus élevé d’Afrique du Nord, avec 50,1 % des 15-24 ans sans emploi en 2025, très loin devant la moyenne mondiale et dans un contexte de profondes difficultés d’insertion sur le marché du travail, selon l’Organisation internationale du travail (OIT).
La moitié des jeunes Libyens en âge de travailler se trouvait au chômage en 2025. Selon les estimations du rapport Tendances mondiales de l’emploi des jeunes 2026 de l’Organisation internationale du travail (OIT), le taux de chômage des 15-24 ans a atteint 50,1 % en Libye, contre un taux de chômage global de 18,8 %. Un écart de 31,3 points de pourcentage qui illustre l’ampleur des difficultés rencontrées par les nouvelles générations pour accéder à un emploi stable.
La Libye occupe ainsi la première place en Afrique du Nord pour le chômage des jeunes. Elle devance nettement la Tunisie, où le taux atteint 38,1 %, ainsi que l’Algérie, à 29,4 %. Le Maroc affiche un taux de 21,9 %, tandis que l’Égypte présente le niveau le plus faible parmi les cinq pays cités, à 18,3 %. Le taux libyen représente ainsi plus de quatre fois la moyenne mondiale du chômage des jeunes.
À l’échelle internationale, l’OIT estime en effet que le chômage des 15-24 ans s’est légèrement détérioré en 2025, passant de 12,3 % en 2024 à 12,4 %. Environ 67 millions de jeunes étaient ainsi sans emploi dans le monde. L’organisation attire également l’attention sur la progression du nombre de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en études, ni en formation, signe de barrières structurelles persistantes à leur intégration économique.
La situation libyenne apparaît d’autant plus préoccupante que l’écart entre le chômage général et celui des jeunes est particulièrement prononcé. Au-delà de la disponibilité des emplois, ces données mettent en évidence les difficultés d’adéquation entre les qualifications, la formation et les besoins du marché du travail. L’OIT souligne par ailleurs que les jeunes femmes restent touchées de manière disproportionnée par ces obstacles.
Face à ces déséquilibres, l’organisation préconise des politiques davantage orientées vers la création d’emplois, le développement des investissements productifs et une meilleure articulation entre les systèmes d’éducation et de formation et les besoins des entreprises.
Pour la Libye, l’emploi des jeunes s’impose ainsi comme l’un des principaux défis économiques et sociaux. Avec un jeune actif sur deux au chômage, la capacité du pays à diversifier son économie, stimuler l’investissement productif et transformer ses ressources en opportunités d’emploi apparaît déterminante, alors que les mutations technologiques et l’intelligence artificielle commencent également à redéfinir les besoins du marché du travail.
MK/Sf/APA







