Plusieurs centaines de migrants et de militants ont défilé samedi dans les rues de Rome pour dénoncer le renouvellement imminent de l’accord migratoire signé en 2017 entre l’Italie et la Libye.
La manifestation à Rome contre le renouvellement imminent de l’accord migratoire signé en 2017, organisée au lendemain d’un nouveau drame en Méditerranée ayant fait une vingtaine de disparus, visait à dénoncer la politique européenne d’externalisation du contrôle des frontières.
Les protestataires ont exprimé leur opposition au financement et à la formation, par le gouvernement de Giorgia Meloni et l’Union européenne, des garde-côtes libyens chargés d’intercepter les embarcations de migrants avant qu’elles n’atteignent les côtes européennes. Selon les organisateurs, cet accord contribue à « institutionnaliser les violences » infligées aux migrants dans les centres de détention libyens, où plusieurs enquêtes ont révélé des abus systématiques et la présence de réseaux de traite d’êtres humains.
Signé en février 2017 et reconduit à plusieurs reprises, le protocole d’accord prévoit un soutien financier et logistique important de l’Italie aux garde-côtes libyens, sous la supervision du gouvernement d’unité nationale à Tripoli. Malgré les critiques récurrentes d’organisations de défense des droits humains, la Chambre des députés italienne a voté cette semaine le renouvellement du texte, avec 153 voix pour et 112 contre.
Durant la manifestation, des migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont témoigné de leur détention et de leurs conditions de vie en Libye, évoquant « la peur constante, les violences et l’extorsion ». Une minute de silence a été observée à la mémoire des milliers de personnes mortes en mer au cours de la dernière décennie.
Le drame survenu vendredi au large de Lampedusa, où un bateau transportant une trentaine de personnes a sombré à environ 80 kilomètres au sud-est de l’île, a ravivé les critiques contre la politique migratoire italienne. Dix rescapés ont pu être secourus, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver les disparus.
Plusieurs ONG, dont Médecins sans frontières et Sea-Watch, accusent les garde-côtes libyens d’avoir recours à la force, voire d’ouvrir le feu sur certaines embarcations, en violation du droit maritime international. Malgré les appels répétés à la suspension du partenariat, Rome et Bruxelles défendent la coopération avec Tripoli comme un « instrument nécessaire » pour lutter contre les trafics et limiter les départs depuis les côtes libyennes.
MK/Sf/APA







