Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) a présenté, ce mardi 25 août 2026, les grandes lignes du pilier « Démocratie, Justice sociale et Services publics » de son Pacte social. Par la voix de sa porte-parole, Me Habiba Touré, la formation politique de Laurent Gbagbo appelle à une refonte de l’action publique pour qu’« aucun Ivoirien ne soit plus jamais oublié ».
Le siège du PPA-CI a servi de cadre ce mardi à un grand oral politique. Me Habiba Touré, porte-parole du parti et ambassadrice du pilier « Démocratie, Justice sociale et Services publics » du Pacte social, a dévoilé la vision du parti pour une Côte d’Ivoire plus équitable.
Selon elle, la justice sociale doit dépasser le cadre strict des tribunaux pour se traduire concrètement dans le quotidien des populations à travers un accès universel à l’éducation, la santé, le logement, l’eau, l’électricité et l’état civil.
Dressant un bilan critique du système éducatif national, le PPA-CI a pointé du doigt les carences en infrastructures et la forte progression du secteur privé au détriment du public. Me Habiba Touré a rappelé des chiffres alarmants : pour l’année scolaire 2024-2025, « 36 002 enfants n’ont pas pu accéder au CP1, tandis qu’environ 2,07 millions de jeunes demeurent en dehors du système scolaire ».
Le parti de l’ancien président ivoirien dénonce de profondes disparités régionales concernant l’accès à l’électricité, à l’eau et aux cantines scolaires, et plaide pour le retour à un service public scolaire capable d’accueillir tous les enfants.
Sur le plan sanitaire, tout en reconnaissant le bien-fondé de la Couverture maladie universelle (CMU), le PPA-CI estime que son efficacité ne doit pas se mesurer au nombre d’enrôlés mais à la réalité de la prise en charge. « Derrière la carte, il faut un médecin. Derrière la carte, il faut des médicaments. Derrière la carte, il faut un plateau technique », a martelé l’ambassadrice du pilier.
Critiquant les inégalités de répartition du personnel médical et le calendrier de la mesure « CMU zéro cotisation » lancée en 2025, qualifiée de politique électoraliste, le parti insiste sur le fait que le lieu de résidence ne devrait plus dicter les chances de guérison d’un citoyen.
Le constat est tout aussi sévère concernant l’accès au logement. Le PPA-CI juge les programmes de logements sociaux insuffisants face à la demande croissante. Évoquant les récentes vagues de déguerpissements dans les quartiers précaires d’Abidjan, Me Habiba Touré a affiché une position ferme : « Pas de déguerpissement sans solution digne de relogement ». Pour le parti, la modernisation urbaine ne peut se faire au détriment des plus vulnérables.
La question des services de base reste une priorité pour la formation de Laurent Gbagbo. Le parti souligne que la simple présence d’un réseau électrique ou d’une canalisation ne garantit pas le service si les coûts demeurent inabordables pour les ménages. De plus, s’appuyant sur les récentes alertes de la SODECI, le PPA-CI s’inquiète de la pollution des cours d’eau qui menace directement l’approvisionnement en eau potable et la santé publique.
Me Habiba Touré a abordé le sort des milliers d’enfants privés d’acte de naissance, un handicap majeur pour leur parcours citoyen, ainsi que la crise du système judiciaire marquée par la surpopulation carcérale et les détentions préventives abusives. Elle a réaffirmé qu’un prévenu demeure présumé innocent et que « la justice ne doit jamais être une peine avant la peine ».
À travers ce Pacte social, le PPA-CI affiche l’ambition de bâtir une République où les droits fondamentaux ne dépendent ni du niveau de revenu, ni de l’appartenance politique, ni de la région d’origine. Le parti a annoncé que l’ensemble de ces propositions fera l’objet d’une présentation chiffrée et de débats approfondis dans les prochains mois.
AP/APA







