Les autorités algériennes proposent un cadre de vigilance à quatre niveaux pour adapter progressivement la consommation d’eau à l’aggravation de la sécheresse.
Le ministère algérien de l’Hydraulique et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSS) ont présenté un dispositif gradué destiné à anticiper les effets de la sécheresse et du stress hydrique. Ce cadre, allant de la simple vigilance à la situation de crise, doit orienter les actions de sensibilisation et l’adaptation des usages en fonction de la disponibilité des ressources, selon un communiqué conjoint publié dimanche et repris par l’agence APS.
Les deux institutions appellent les citoyens, les opérateurs économiques et les administrations à inscrire durablement la rationalisation de l’eau dans leurs pratiques quotidiennes. Elles considèrent la préservation de cette ressource comme une responsabilité individuelle et collective, directement liée à la protection de la santé publique, à la sécurité sanitaire ainsi qu’au développement économique et social du pays.
Le communiqué attribue la vulnérabilité croissante des ressources hydriques à la hausse des températures, à la multiplication des vagues de chaleur, au recul des précipitations et à l’allongement des périodes de sécheresse. Une disponibilité insuffisante de l’eau potable pourrait entraîner des conséquences environnementales, sanitaires, sociales et économiques. Les autorités mettent notamment en garde contre les risques de déshydratation aiguë, d’hyperthermie et de propagation de maladies à transmission hydrique lorsque chaleur extrême, sécheresse et dégradation de la qualité de l’eau se conjuguent.
Le premier niveau, baptisé « vigilance », prévoit le suivi des premiers indicateurs de stress hydrique et l’intensification des campagnes invitant à limiter les consommations non indispensables. Le niveau d’« alerte » serait activé en cas de tensions significatives sur les réserves et pourrait conduire à une réduction de certains usages non essentiels, accompagnée d’actions renforcées d’information auprès de la population et des secteurs concernés.
L’« alerte renforcée » correspondrait à une détérioration persistante de la situation et entraînerait des mesures plus strictes de maîtrise de la consommation afin d’empêcher les réserves d’atteindre un seuil critique. Au dernier niveau, celui de la « crise », la priorité serait accordée à l’approvisionnement en eau potable, aux besoins sanitaires et à la sécurité publique. La majorité des autres usages pourraient alors être limités pour préserver les besoins vitaux de la population.
Ce dispositif reste toutefois un cadre indicatif de sensibilisation et de vigilance. Le communiqué ne précise ni les seuils chiffrés permettant de passer d’un niveau à l’autre ni les restrictions concrètes susceptibles d’être appliquées. Toute mesure réglementaire limitant les usages de l’eau continuera de relever des autorités compétentes, conformément aux textes et procédures en vigueur.
MK/AK/Sf/APA







