L’absence répétée de la Tunisie dans le Global Financial Centres Index interroge quant à sa capacité à s’insérer dans la finance internationale.
L’exclusion de la Tunisie des dernières éditions du Global Financial Centres Index (GFCI), dont la version 39 a été publiée en mars 2026 par le think tank britannique Z/Yen, en partenariat avec le China Development Institute, confirme une marginalisation persistante de sa place financière. Aucun centre tunisien ne figure parmi les 120 hubs évalués à l’échelle mondiale, alors même que plusieurs économies africaines consolident leur position dans ce classement de référence.
Ce constat s’inscrit dans un environnement où la compétitivité financière repose sur des critères exigeants, combinant données quantitatives et qualitatives issues de plus de 29 000 évaluations de professionnels et d’indicateurs fournis par des institutions telles que la Banque mondiale, l’OCDE ou l’Economist Intelligence Unit. Les places dominantes, à l’image de New York, Londres ou Hong Kong, s’appuient sur des marchés profonds, une forte liquidité et une capacité éprouvée à attirer les capitaux internationaux.
Dans ce paysage, le positionnement tunisien apparaît d’autant plus fragile que des centres africains ou régionaux progressent. Casablanca Finance City et Maurice, par exemple, se maintiennent régulièrement dans le classement, traduisant une dynamique d’attractivité et une structuration plus avancée de leurs écosystèmes financiers. Ce décalage met en évidence une difficulté de la Tunisie à suivre le rythme des transformations financières observées sur le continent.
Ce retard s’explique par plusieurs facteurs structurels. La profondeur limitée du marché financier tunisien, la faible liquidité des instruments boursiers et l’absence d’un écosystème suffisamment internationalisé réduisent la capacité du pays à capter des flux d’investissements significatifs. À cela s’ajoute un cadre réglementaire jugé peu lisible par les investisseurs étrangers, ce qui freine l’installation d’acteurs financiers globaux.
Ce déficit d’attractivité renvoie plus largement à une insuffisance d’intégration dans les circuits financiers internationaux. Les standards du GFCI privilégient en effet des places capables d’offrir des services financiers sophistiqués, une stabilité réglementaire et une connectivité forte avec les marchés mondiaux. Sur ces dimensions, la Tunisie peine à atteindre un seuil de crédibilité comparable à celui de ses concurrents régionaux.
Au final, l’absence du pays dans ce classement ne relève pas d’un simple retard conjoncturel, mais traduit une faiblesse plus profonde de son positionnement financier. Tant que les réformes structurelles nécessaires à l’émergence d’une place compétitive ne seront pas engagées à une échelle significative, la Tunisie devrait rester en marge des grands flux financiers internationaux.
MK/AK/Sf/APA




