Une enquête réalisée par un groupe de réflexion de l’Université de Gambie révèle que les Gambiens privilégient davantage la réconciliation aux poursuites judiciaires systématiques contre l’ancien président Yahya Jammeh pour les violations présumées commises durant ses 22 ans de pouvoir.
Le sondage CepRass, conduit en avril, posait la question suivante : faut-il privilégier la réconciliation ou les poursuites pour des crimes présumés — notamment des exécutions extrajudiciaires, des viols et autres violences sexuelles, des actes de torture et des disparitions forcées — qui auraient été commis entre 1994 et 2017 ?
La question des poursuites et des réparations reste au cœur du débat public à l’approche de l’élection présidentielle prévue en décembre 2026.
La Commission vérité de Gambie, qui a siégé de 2019 à 2021, avait recommandé des poursuites judiciaires contre une soixantaine de personnes, dont Yahya Jammeh, considéré comme le principal responsable des crimes allégués.
Selon les résultats de cette étude nationale menée par le Centre pour les politiques, la recherche et les études stratégiques (CepRass), 44 % des répondants estiment que la réconciliation doit être la priorité absolue, tandis que 16 % se prononcent en faveur de poursuites judiciaires. Les 40 % restants privilégient une approche intermédiaire, combinant poursuites limitées et réconciliation, dans l’objectif de répondre aux attentes des victimes tout en favorisant un apaisement national durable.
Cette étude intervient près de deux semaines après que le ministère gambien de la Justice a présenté le Britannique Martin Hackett comme procureur spécial chargé d’enquêter sur ces crimes en vue de poursuivre Yahya Jammeh, actuellement en exil en Guinée équatoriale, ainsi que ses présumés complices.
Martin Hackett s’appuiera principalement sur les témoignages de victimes, de témoins et de présumés auteurs recueillis pendant deux ans par la Commission vérité, réconciliation et réparations (TRRC).
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