À l’ouverture de la 61e session du CDH à Genève, de hauts responsables onusiens ont mis en garde contre un monde où le rapport de force tend à supplanter les règles communes, appelant les États à défendre sans concession les principes universels face aux dérives autoritaires et aux calculs de puissance.
Le Secrétaire général de l’Onu, António Guterres, a dénoncé lundi à Genève la montée en puissance de « la loi du plus fort » dans le monde, estimant que la primauté du droit cède de plus en plus face aux intérêts des acteurs les plus puissants, au détriment des droits humains.
S’exprimant à l’ouverture de la 61ᵉ session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, M. Guterres a affirmé que les attaques contre les droits fondamentaux ne sont « ni secrètes ni menées par surprise », mais se déroulent « au grand jour », souvent sous l’impulsion de ceux qui détiennent le plus de pouvoir. « Lorsque les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule », a-t-il averti.
Le chef de l’Onu a notamment exprimé son indignation face à la poursuite de la guerre menée par la Russie en Ukraine, qui a fait plus de 15 000 victimes civiles en quatre ans, ainsi qu’aux violations du droit international dans les territoires palestiniens occupés, où la solution à deux États est, selon lui, « en train d’être balayée. »
Il a également cité les crises persistantes en Afrique, notamment au Soudan, en République démocratique du Congo et dans le Sahel.
Selon M. Guterres, la crise actuelle des droits humains reflète et amplifie d’autres fractures mondiales : explosion des besoins humanitaires, effondrement des financements, aggravation des inégalités et recul démocratique, marqué par la restriction de l’espace civique et la répression des manifestations, notamment en Iran.
Appelant à défendre sans concession la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme, le Secrétaire général a insisté sur la nécessité de renforcer les institutions internationales, de réformer le Conseil de sécurité et l’architecture financière mondiale, et de soutenir la Cour internationale de justice et la Cour pénale internationale.
Faisant écho à ces préoccupations, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a mis en garde contre le « retour de la domination et de la suprématie », dénonçant une concurrence mondiale exacerbée pour le pouvoir et les ressources, ainsi que l’usage croissant de la force et de la désinformation par certains dirigeants.
De son côté, la présidente de l’Assemblée générale de l’Onu, Annalena Baerbock, a appelé à l’action, rappelant que les grands systèmes « s’érodent lentement, règle après règle », lorsque le silence et l’inaction l’emportent. « L’action est aussi un choix, et elle est entre nos mains », a-t-elle conclu.
ARD/Sf/APA







