Le ministre ivoirien des Transports et des Affaires maritimes, Amadou Koné, a annoncé ce vendredi 17 avril 2026, la création prochaine d’un Village de l’innovation à Bouaké, la métropole du centre ivoirien, une initiative portée par ORUN qui vise à fusionner héritage culturel et modernité technologique au profit de la jeunesse.
Le ministre ivoirien Amadou Koné a félicité ORUN qui a réalisé le « Village de l’innovation » du Marché des arts du spectacle d’Abidjan (MASA 2026) et s’est réjoui « en tant que maire de Bouaké, de recevoir le Village de l’innovation après le MASA ».
Amadou Koné, séduit par le concept déployé par la structure ORUN au MASA à travers le Village de l’innovation, a officialisé l’arrivée de ce pôle technologique et culturel à Bouaké, deuxième ville la plus peuplée de Côte d’Ivoire.
Selon lui, les échanges au MASA, véritable carrefour culturel africain, montrent aux jeunes que l’alliance entre culture et innovation génère de réelles opportunités. L’innovation technologique est d’ailleurs un levier majeur pour combler notre retard et répondre avec agilité aux réalités spécifiques de notre continent, a-t-il déclaré.
Un levier pour une jeunesse dynamique
Avec une population estimée à un million d’habitants, dont 70 % sont des jeunes, Bouaké constitue un terreau fertile pour l’innovation. « Il est bon que les jeunes soient occupés par l’innovation pour que nous puissions rattraper le retard du continent », a plaidé le maire Amadou Koné.
Pour lui, ce projet est une opportunité historique de transformer le talent local en véritable moteur de croissance économique. Dans la ville de Bouaké, le « Village de l’innovation » sera dénommé « Village ORUN »
Le futur « Village ORUN » de Bouaké ne sera pas qu’une réplique de celui d’Abidjan, affirme Thiero Kahlil, directeur des opérations du Groupe ACN (holding d’ORUN), précisant que ce centre sera pérenne.
« Ce sera un endroit où la créativité et la culture vont s’exprimer totalement, avec des ateliers et de la formation pour les artisans et designers », a-t-il souligné. Le concept, imaginé par Habiba Thiero, propose un univers moderne ancré dans l’héritage africain.
Réinventer les codes : l’ambition d’ORUN
Thiero Kahlil, directeur des opérations du Groupe ACN (Africa Currency Network), la holding d’ORUN, explique être intervenu à la demande du MASA. Pour cette édition, l’objectif était de réinventer les formats habituels des événements.
L’idée était de concevoir un espace moderne, tout en restant profondément ancré dans notre patrimoine africain. Il s’agissait de créer un univers familier, tel un village, tout en y intégrant les codes de la modernité, a-t-il confié.
Réalisé avec des entrepreneurs locaux et des étudiants, ce Village de l’innovation met en lumière les jeunes talents. Il s’inscrit dans la stratégie d’ORUN pour valoriser les industries culturelles et créatives.
Au niveau du village de l’innovation, « notre ambition est de développer chaque pan de cette industrie », souligne-t-il, avant de confirmer qu’après l’expérience du MASA, un « Village ORUN » verra le jour à Bouaké.
« Ce futur espace ne sera pas qu’une vitrine technologique ; on y travaillera avec des artisans et des designers pour former la jeunesse. Ce sera un lieu de totale expression culturelle », a-t-il dit à propos du Village ORUN qui sera réalisé à Bouaké.
Le projet débutera par l’industrie textile, clin d’œil à l’histoire de Bouaké et de l’usine Gonfreville. Ce village s’installera durablement pour devenir un centre de formation et d’ateliers permanent, a fait savoir Thiero Kahlil.
Financer et formaliser les industries créatives
L’événement a également donné lieu à des échanges stratégiques sur le financement. Paul Harry Aithnard, directeur général d’Ecobank Côte d’Ivoire, a insisté sur la nécessité de formaliser le secteur culturel pour faciliter l’accès au crédit.
Pour pallier l’asymétrie d’information qui freine les banques, Paul Harry Aithnard soutient qu’aucun secteur ne peut prospérer sans cadre formel. Il appelle donc les États à ériger la culture en véritable moteur de croissance.
En collaborant avec des incubateurs dédiés aux industries créatives, Ecobank parvient à mieux définir les profils de financement adaptés aux acteurs du secteur. Paul Aithnard souligne par ailleurs que la technologie est un levier indispensable pour garantir la traçabilité des opérations et sécuriser les investissements dans ce domaine.
De son côté, Omar Diop, représentant de l’UNESCO, a rappelé l’importance de doter les artistes d’un statut juridique clair pour mitiger les risques financiers. Son institution, précise-t-il, s’emploie à convaincre les États de développer les infrastructures nécessaires. Un défi de taille quand on sait qu’en Afrique, seulement 0,3 % à 0,4 % des budgets nationaux sont actuellement alloués à la culture
Mohamed Amin Tajeddine, chef de projet au Centre Maouroot (UM6 Polytechnique), a présenté un programme dédié à l’amélioration de la productivité des artisans, précisant que « dans ce programme, nous accompagnons les artisans de la création jusqu’à la vente finale en les formant sur la distribution et la négociation B2B ».
Ce projet a permis de concevoir une machine à tisser technologique qui réduit la fatigue physique de l’artisan tout en augmentant son rendement. « Pour le financement, le Pôle ICC (Industries culturelles et créatives) mobilise des fonds auprès d’institutions internationales via le Centre Maouroot », a-t-il souligné.
Olivia Yacé, ancienne Miss Côte d’Ivoire et ambassadrice d’ORUN, a appelé à soutenir les industries culturelles avec conviction : « Nous avons un héritage puissant… ORUN ouvre une voie, celle d’une créativité africaine qui s’enracine dans son patrimoine tout en se projetant vers l’avenir. »
AP/Sf/APA






